Hors-jeu : Hibernation

Rien ne sert de courir car il vaut mieux arriver en retard et louper son train, que d’arriver en avance et prendre le mauvais ! L’adage s’applique à nos sports collectifs. Jusqu’à présent, ni le basket-ball ni le hand-ball ne donnent l’impression qu’ils ont effectivement entamé une nouvelle saison. C’est comme si la fin de ces disciplines a été prononcée la saison écoulée, ou alors, et c’est encore plus stimulant, ces sports vont être officialisés pour la première fois dans notre pays. Sous d’autres cieux, sur le même continent que le nôtre, pour éviter de comparer l’incomparable, les mêmes disciplines comptent déjà quelques journées au titre de la saison 2003-2004. Le Maroc est en pleine bataille pour réaliser un rêve qui date déjà de plus d’une vingtaine d’années : organiser enfin une coupe du Monde. En même temps, les sports collectifs prolongent leur hibernation un peu plus au début de chaque année. Encore faut-il rappeler que le nombre des équipes est très limité par rapport à la propagation de ces sports et à l’intérêt qu’ils suscitent auprès de la jeunesse marocaine. De plus, les mêmes disciplines font partie intégrante du programme scolaire des sports. En d’autres termes, nos enfants sont initiés au hand-ball, au basket-ball et au volley-ball dès l’âge précoce. Que doivent faire les pratiquants en attendant que le bal soit ouvert ? S’entraîner avec les équipes de foot ou courir individuellement au bord de la route ? Personne n’ignore que les caisses de tous les clubs des sports en question, sont pour ainsi dire, sèches. Le talent existe, l’engouement aussi et la volonté ne manque guère, mais rien ne peut être réalisé avec un ventre vide et un esprit hanté par la précarité de l’avenir et l’absence de toute probabilité d’évolution. L’exemple que vit la salle couverte des complexes de Casa et de Rabat donne une nette impression de la pitoyable situation des basketteurs et des handballeurs. Chaque week-end, la même salle connaît l’afflux des judokas, des karatékas et des lutteurs. Tout ce beau monde se bouscule pour un morceau de superficie qui lui sert de tapis. Il est tout à fait impossible de pratiquer du basket dans ces circonstances. Attendre que la salle soit débarrassée signifierait que les matchs n’auraient lieu qu’aux premières lueurs de l’aube. Cette situation pour le moins pathétique a été derrière la disparition de fameux clubs de volley (Cosumar, CSC, CMC) qui animaient à merveille le championnat national dans les années 70. Aujourd’hui, les rescapés continuent d’évoluer dans des terrains en plein air. Quant au sport qui s’appelle le hockey sur gazon, dont on prévoyait un avenir brillant, il est à compter de nos jours parmi les espèces disparues. Au lieu que le cours des choses se dirige vers un retour à la raison et à la logique en redonnant à ces activités la valeur qui leur est due, la contagion a fini par atteindre le ministère des sports lui-même. Cette même instance qui défend le sport et orchestre sa promotion. A l’image du volley, puis à celle du hockey, il a fini par disparaître. Il faut que le hasard renverse la fourmi pour qu’elle voie le ciel.

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