Hors-jeu : La complainte du dirigeant

Les dirigeants de nos clubs et de notre sport en général jouent le rôle de comparses plutôt que celui de gestionnaire. Ils répètent ensemble le même refrain en se plaignant en choeur du manque de moyens financiers. Pourtant, et s’il existe encore une logique dans ce monde de sport, ils n’ont pas été élus pour faire un constat que tout le monde connaît dans tous les domaines. Voire, et c’est encore plus grave pour nos dirigeants, personne ne les a obligés à prendre les rênes des clubs, ni des fédérations, des ligues.
C’est curieux, mais personne ne leur a jamais posé cette question alors qu’elle est censée répondre à toutes leurs préoccupations et leurs ambitions. Cette question constitue même le noeud des problèmes de notre sport qui a plutôt mal dans ses hommes qui s’accaparent le sport pour des desseins inavoués. Un dirigeant sportif est par définition un gestionnaire qui a l’obligation de diriger une entreprise. Et une entreprise nécessite des moyens de financement qui repose sur des recettes que le dirigeant devra créer par son savoir faire, ses relations publiques et son imagination. Sinon à quoi sert un dirigeant ? Si c’est pour s’afficher devant les médias et les écrans de télévision pour étaler ses déficits, il est clair que chacun de nous est capable de le faire. Ce qui enlève au dirigeant tout le profil dont il se targue et ouvre cette fonction à tous les niveaux et les sans niveaux. Un cireur, un marchand ambulant, un simple fonctionnaire ou commerçant est donc habilité à gérer un club si cela consiste à assumer la fonction de quémandeur ou de pleureuse. Citez –nous un seul dirigeant de football, ou dans d’autres disciplines qui n’a jamais demandé de l’argent à l’Etat. Certains en ont fait un outil de chantage auprès des autorités locales et des élus pour déclarer forfait et les forcer à renflouer les caisses du club.
Certains décideurs se plient à la nécessité de sauver le club d’une ville, d’autres faute de moyens laissent couler le bateau. Le sport génère de l’argent quand il est bien géré, à preuve le KACM qui a un capital immobilier de 12 milliards de centimes, n’arrive pas à tenir la route.
Un investissement de cette envergure devrait, en principe financer le club à long terme s’il était bien rémunéré. Or il s’est avéré que ce n’est pas le cas puisque la gestion chez nous se fonde sur des critères subjectifs dans le choix des personnes et dans l’utilisation des biens de clubs. À tel point que, dans beaucoup de cas, certains dirigeants ont confondu les structures du club avec leurs biens personnels. comme dans tous les domaines, le sport constitue pour certains une opportunité pour s’enrichir et gravir les échelles de la promotion sociale. Personne ne s’est demandé pourquoi il y a autant de pertes et de déchets dans notre sport. Fichtre ! Mais c’est très simple parce que personne ne contrôle personne y compris l’Etat avec ses administrations et ses administrés.

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