Hors-jeu : La comptabilité de Doublali

Quelle crédibilité peut-on donner à un rapport financier d’un club présenté lors d’une assemblée générale sans pièces justificatives et sans l’aval d’un commissaire aux comptes ? De toutes les manières, tant que les clubs n’auront pas un statut d’une entreprise soumis au contrôle de l’Etat, les chiffres des rapports financiers restent aléatoires. Quand on regarde de près le rapport financier présenté par le comité du WAC lors de sa dernière assemblée générale, on constate de prime abord qu’il ne détaille pas les soldes des comptes. Or il est difficile de vérifier des sommes aussi consistantes que les primes de signatures, les salaires et les primes de matchs des joueurs quand la ventilation n’est pas faite individuellement. Ces postes constituent les charges les plus importantes dans la gestion du club puisqu’ils atteignent plus d’un milliard et demi de nos centimes.
L’Ambiguïté gestionnaire se retrouve avec plus d’acuité dans la partie des recettes où certains comptes brillent par leur opacité. Le transfert de Badr Kaddourri est ventilé sur deux tranches pour atteindre la somme de 713 millions de nos centimes. Mais on a oublié sciemment ou pas de mentionner le montant total du transfert de ce joueur, d’abord pour la transparence et ensuite pour le solde définitif du compte. Dans une autre rubrique des recettes, on retrouve le compte intitulé «avances en compte courant» d’un montant de 473 millions. Dans les explications en annexe du rapport financier, il y fait mention qu’il s’agit essentiellement des sommes avancées par le président pour doter le club d’un fonds de roulement.
Lors de l’assemblée générale, le président Doublali a évoqué le chiffre de 600 millions de centimes. D’abord on constate qu’il y a un écart entre ce qui figure dans le compte «avance» du président et dans la somme avancée par Doublali au cours de l’A.G. Par contre le compte qui est le plus clair dans ce rapport est celui relatif au compte du sponsoring publicitaire. On y trouve la contribution de tous les sponsors du WAC, sauf celle de la marque de beurre «Anchor» qui figure toujours sur les maillots des joueurs. Or, comme tout le monde le sait, cette marque est fabriquée par la société que dirige le président du WAC. Petite question : Doublali fait-il la promotion de sa société et de son produit gratuitement au nom du WAC ? À moins qu’il compte déduire les frais de publicité d’Anchor des avances qu’il a accordées à son club, ce qui reste à vérifier. Mais de toutes les façons, ce sponsoring individuel, sans contrepartie apparente visible dans le rapport financier, est loin de prôner la transparence.

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