Hors-jeu : La culture de l’entretien

En un petit week-end, la pelouse du complexe Mohammed V va supporter deux matchs et quatre séances d’entraînement. Quand on sait que le premier match du championnat avait déjà révélé l’état déplorable du gazon, on devine les conséquences de cette surcharge. Le problème de l’état de la pelouse se posera avec plus d’acuité pour le Raja, qui jouera son match de la ligue des champions après la rencontre du WAC. Cela constitue une grosse bousculade pour une pauvre pelouse qui a montré ses limites en entretien avant même le début du championnat.
Le complexe Mohammed V n’est pas le seul stade qui souffre de cette carence. Presque toutes les pelouses des stades de notre pays connaissent depuis des années le mal des gazons mal entretenus. À tel point qu’il ne se passe pas une saison sans qu’un stade ne soit pas fermé pour une période indéterminée pour cause de réfection de la pelouse.
Le comble, c’est qu’après leur ouverture, les pelouses ne tardent pas à s’enliser dans la médiocrité. C’est très simple : les travaux de l’implantation du gazon restent très aléatoires dans la plupart des cas soit à cause du non respect du cahier des charges, soit par l’incompétence des maîtres d’oeuvre. Il est certain que cette spécialité de l’installation des pelouses ne compte pas trop de professionnels au Maroc pour qu’elle devienne perfectible. Mais ce qui est certain, c’est que les spécialistes qui implantent le gazon des terrains de golf sont eux de véritables professionnels. Sauf que le coût de leurs travaux doit être très onéreux pour qu’il soit couvert par les collectivités locales ou autres pouvoirs publics. Mais il est évident aussi que la rapidité de la détérioration des pelouses est due, aussi, au manque d’entretien des stades auxquels les communes affectent un budget dérisoire.
Quand on sait que les responsables des collectivités locales affectent cette tâche à des ouvriers communaux sans aucune qualification en la matière, on comprend l’ampleur des dégâts. Ceci étant, l’entretien d’un stade ne se limite pas à la pelouse mais à toutes les infrastructures de l’enceinte qui sont généralement dans un état piteux. La culture de l’entretien d’un terrain de football ou de tout autre complexe est loin d’être ancrée dans l’esprit de nos dirigeants politiques et sportifs. Le ministère de la jeunesse et des sports qui roule avec un budget dérisoire, ne peut à lui seul s’acquitter convenablement de cette tâche.
Quant aux élus communaux, ils continuent à considérer le sport comme un accessoire pour qu’ils accordent un intérêt quelconque à la préservation de ses installations. La preuve est que l’infrastructure la plus lourde, qui a coûté les yeux de la tête des contribuables, commence à s’effriter juste après son inauguration. Faute d’entretien.

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