Hors-jeu : La culture des contrastes

Hicham El Guerrouj est une star mondiale qui a été sacré meilleur athlète de la planète. Le Marocain a devancé dans le classement de l’IAAF : Marion Jones, Maurice Green et tout le gotha de l’athlétisme mondial. Ce champion hors pair est adulé ailleurs, sollicité de toutes parts et envié par les responsables sportifs des pays les plus dominants dans le sport.
Au Maroc, comme on cultive à merveille les contrastes, on achève comme on peut les génies en leur trouvant tous les défauts du monde.
Dans ce registre, on bat le record du monde dans la transformation cynique d’un champion en paria comme le fut traîtreusement Said Aouita, Mustapha Hajji et tout récemment Hicham El Guerrouj. Ce dernier qui fait vibrer le coeur de tous les Marocains par son règne absolu sur les pistes du monde fait l’objet d’une attaque malveillante et ordonnée de certains milieux. Les politiques et les syndicalistes ont trouvé en lui la cible facile et le bouc émissaire désigné pour assouvir leurs intérêts politiciens sans le moindre dégât.
Tout cet acharnement parce que le champion marocain a été récompensé à juste titre pour les services rendus à la nation. Il a bénéficié de deux fermes agricoles comme beaucoup d’autres moins méritants en ont eu ou s’en sont octroyés sans que cela suscite un tel tollé. Les ouvriers ont protesté, l’année dernière, à Berkane sous la houlette des syndicats et ont observé un sit-in dernièrement devant le tribunal de cette même ville. La presse, surtout partisane, en a fait l’écho avec une assiduité jamais égalée comme si c’est la première fois qu’une ferme de l’Etat est cédée à un particulier.
Ce qui a été offert à Hicham El Guerrouj est un don royal que le champion mérite amplement. Point, c’est tout. On aurait compris cette démarche syndicale, politique et démagogique si ces instigateurs avaient fait de mêmes avec les autres bénéficiaires de fermes d’agréments et autres. On aurait applaudi si, pendant les décennies précédentes, les syndicalistes et les politiques avaient dénoncé tous ces hommes puissants qui se sont octroyé des fermes, des carrières et autres privilèges. Non seulement ils n’ont pas eu le courage de le faire, mais certains de ces syndicalistes et de ces politiques ont profité de ce système pour s’accaparer les fermes de l’Etat. On n’est jamais mieux servi que par soi-même surtout quand les luttes d’intérêts sont maquillées par un militantisme mercantile.

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