Hors-jeu : La démission des politiques

C’est vraiment étonnant ce qui se passe dans notre football quand la crise intéresse tout le monde sauf nos politiques. Pourtant la piètre prestation de l’équipe nationale à la CAN a soulevé un tollé d’indignation et de consternation chez une large frange de l’opinion publique. On en parlait partout sauf dans nos institutions politiques qu’elles soient gouvernementale, ministérielle et surtout parlementaire. Comme si le sport et surtout le football, au demeurant très populaire dans notre pays, n’est pas un fait de société qui mérite un traitement égal que les autres problèmes que l’on vit dans notre quotidien. Or, et ce n’est un secret pour personne, le sport, et plus précisément le football, est devenu depuis longtemps un vecteur qui véhicule l’image de marque et le développement économique et social de notre pays. À tel point que la plus haute autorité de l’Etat, SM le Roi, lui accorde, depuis toujours, une attention particulière… Il est ,quand même, écoeurant qu’en face de cette sollicitude royale, la classe politique ne pipe pas mot quand survient une crise comme celle de notre football.
Jamais un Premier ministre, ni un ministre, ne s’est exprimé en public sur un problème sportif. Le département de tutelle s’est distingué, depuis la déroute du Mali, par un calme plat qui est aussi déroutant que complice. À quoi sert un ministre qui coiffe toutes les fédérations s’il ne peut pas trancher dans une crise où, curieusement, se sont mêlés des intervenants qui n’ont rien à voir avec la gestion de notre football ? Pourtant le ministre, Ahmed Moussaoui, est un homme politique qui avait l’obligation de faire entendre sa voix dans cette problématique.
D’autant plus qu’il est appelé à participer à une campagne électorale où il devrait dresser son bilan à la tête de ce département. Il avait deux possibilités pour démontrer qu’il est réellement le responsable et le chef hiérarchique de la fédération du football. Soit il décide la dissolution de la FRMF comme il l’a fait avec celle de l’athlétisme, soit il ordonne la tenue d’une assemblée générale extraordinaire. En vain. Comme lui, le gouvernement a préféré le silence et le Parlement a choisi l’option de faire l’impasse sur ce sujet.
Cette démission collective de nos politiques a permis au bureau fédéral de ne rien faire en choisissant le statu quo qui fait perdurer leurs privilèges.

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