Hors-jeu : La dérive du KACM

La tenue de l’assemblée générale du comité directeur du KACM est pour le moins étrange dans son timing, ses objectifs et l’issue qui lui a été réservée. À tel point que l’opinion sportive marrakchie reste intriguée par l’ambiguïté, l’inutilité voire les conséquences de ces assises qui se sont terminées en queue de poisson. Car à part la lecture d’un soi-disant rapport financier suivi par la distribution d’un rapport moral fleuve, le KACM s’est retrouvé sans comité directeur.
Le bureau dirigé depuis 16 ans par Mohammed Mediouri a démissionné sans qu’il ne soit remplacé, faute de candidats. On se demande ce qui a justifié la provocation d’une assemblée générale sous d’aussi mauvais auspices. D’abord la section du football, qui est en train de vivre sa plus mauvaise saison en GNFI, n’avait pas besoin d’une telle désintégration du comité directeur. D’autant plus que son président, Mohamed Mediouri, n’avait jamais daigné tenir une assemblée générale depuis qu’il en a pris les commandes en 1984. Ce qui gêne aux entournures, c’est que le rapport moral présenté à l’assemblée n’était qu’un simple inventaire des biens du club. Or en 18 ans, le KACM a dépensé des milliards de centimes sans qu’ils ne soient justifiés par un bilan annuel en bonne et due forme. Ne fallait-il pas attendre la fin de la saison sportive pour éplucher la comptabilité de 18 années de gestion incontrôlée. Il est indéniable que l’action de Mediouri a été déterminante dans l’envergure prise par le club marrakchi. Personne, même le plus virulent de ses détracteurs, ne peut renier son apport, mais il ne faut pas pour autant qu’il viole la loi et ne rende pas de comptes de sa gestion.
C’est ce que lui reproche justement les trois associations de supporters qui ont boycotté cette assemblée qu’ils estiment illégale. Il faut avouer que le président en a rajouté un peu en exigeant de leurs représentants d’assister en tant qu’observateurs sans droit à la parole. Ce qui va à l’encontre du règlement qui permet à des adhérents de participer aux débats sans aucune restriction.
Les trois associations n’ont pas seulement refusé d’y participer, mais ils ont adressé une lettre à la fédération pour lui demander de faire respecter la légalité. Et la légalité, dans le cas du comité directeur du KACM, veut que les comités des différentes sections tiennent leurs assemblées générales avant et non après celle du comité directeur. C’est dire qu’il y a anguille sous roche et que Mediouri doit rendre des comptes pour que le club ne continue pas de naviguer vers l’incertitude.

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