Hors-jeu : La fuite des muscles

La ruée des sportifs marocains vers l’Eldorado européen ou américain est devenu un phénomène qui prête à conséquences. Cet exode a connu une recrudescence notoire au début des années 90 quand plusieurs athlètes de différentes disciplines ont opté pour l’immigration. On y trouve ceux qui ont choisi la voie légale par un transfert en bonne et due forme dans un club professionnel. Mais aussi une légion de sportifs, qui, las de la vie précaire qu’ils mènent dans un système peu rémunérateur, ont immigré clandestinement à l’étranger. Même Hicham El Guerrouj s’était plaint, il n’y a pas longtemps, de la modestie des primes qu’il recevait de la fédération ou du ministère de la jeunesse et des sports. Le désespoir de cette malvie a atteint un tel degré que des centaines de sportifs ont opté pour l’immigration clandestine. Ce n’est pas encore aussi grave que la fuite vers l’inconnue dans les pateras mais c’est tout comme si l’on sait que des footballeurs ont osé tenter leur chance en … .Israël. On a fait peu de cas de cette affaire où des joueurs de l’équipe de l’USM sont partis en Israël à la recherche d’une vie meilleure. Ils ont été refoulés et un procès a été intenté à leurs cyniques passeurs. C’est dire qu’il ne faut pas s’étonner aujourd’hui si des athlètes de renom, qui ont représenté le Maroc dans les jeux olympiques et les championnats du monde, prennent des nationalités étrangères. La légion marocaine composée d’Ismaël Sghir, Driss Maazouzi, Abdallah Bahar et bien d’autres, est devenu le fer de lance de l’équipe nationale française. Le dernier athlète en date qui a préféré l’austérité marocaine n’est autre que Brahim Lahlafi qui a décidé, lui aussi, de courir sous la bannière française. Ce mal du pays a rattrapé les footballeurs qui bravent tous les risques pour aller s’installer sous d’autres cieux plus cléments. Comme ce fut le cas de ces huit joueurs settatis qui ont fait défection au Canada depuis plus de deux ans. La fuite en masse des sportifs est pour beaucoup dans la baisse de niveau du football la boxe, l’athlétisme, le rugby et autres. Il devient impératif d’arrêter cette hémorragie en motivant financièrement les sportifs de toutes les disciplines. Notre système sportif étant basé sur l’amateurisme, cette exigence semble irréalisable aujourd’hui à moins qu’une décision politique ne vienne instaurer le professionnalisme. Autrement l’immigration clandestine ou légale continuera à vider notre sport de toute sa substance.

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