Hors-jeu : La lutte avec la légalité

L’histoire de la fédération de lutte se résume en une éternelle lutte d’intérêts de ses dirigeants. Une lutte qui dure depuis des lustres, autant que l’a été la durée de présidence de Mohamed Abdi de la FRML pendant 15 ans. Mais son départ au début de cette année n’a pas pour autant atténué la lutte entre les membres de la nouvelle équipe dirigeante. Bien au contraire, les choses ont empiré davantage quand le ministère de la jeunesse et des sports s’est entremêlé entre les divers protagonistes. L’implication directe du département de tutelle dans les affaires de cette fédération a été si catastrophique qu’elle se trouve aujourd’hui dans une impasse inextricable.
Pour déloger l’ex-président, Mohamed Abdi, certains cadres du ministère se sont alliés avec ses détracteurs pour provoquer une assemblée générale fortuite. Toute l’organisation de ces assises a été élaborée dans les bureaux d’un proche du ministre, Ahmed Moussaoui. L’assemblée générale s’est tenue en l’absence du président Abdi et sans le moindre document pour faire le bilan de la gestion fédérale. L’essentiel pour les dirigeants présents était d’évincer l’omnipotent Abdi et de constituer un nouveau bureau fédéral. Ce qui fut fait dans une parfaite légalité selon les nouveaux venus et dans une illégalité parfaite selon le président déchu et ses fidèles. Mais les responsables du ministère ont tellement mal préparé leur coup que leurs protégés se sont retournés contre eux. L’amateurisme du ministère n’a d’égal que les calculs mercantiles de certains dirigeants de la fédération. À tel point que cette lune de miel n’a duré que quelques mois pour que le ministre décide un jour de dissoudre la fédération en usant du fameux article 22.C’est donc l’inévitable comité provisoire qui est installé à la place des dirigeants «élus» par l’appui déclaré du département de tutelle.
L’histoire de la lutte ne se termine pas là. Les dirigeants déchus n’ont pas abdiqué et contestent la légalité de la décision du ministre. Ils l’accusent même d’abus de pouvoir puisque cette décision ne repose sur aucune des deux conditions requises par la loi pour justifier la dissolution de la fédération. La lutte ne s’arrête pas là car les dirigeants dissous ont saisi le tribunal administratif de cette affaire. L’ex-bureau fédéral a même demandé au comité olympique national d’ouvrir une enquête sur les irrégularités de cette dissolution. Il est vrai que l’argumentaire du ministre ne tient pas debout, mais il est vrai aussi que l’ex– bureau fédéral n’a été «élu» que par la grâce du ministère. C’est aussi illégal que la dissolution. Comme quoi l’illégalité finit toujours par imposer un match entre les deux protagonistes. Au détriment de la légalité.

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