Hors-jeu : La malédiction du dopage

Le contrôle positif à l’EPO de Fouad Chouki est confirmé depuis mardi. Une commission de discipline fédérale se réunira le mercredi 8 octobre pour entendre l’intéressé qui risque deux ans de suspension. Le coureur français sera ainsi privé des Jeux olympiques d’Athènes et du championnat du monde d’athlétisme 2005. Plus qu’un fléau, le phénomène du dopage sera visiblement à jamais lié aux motivations de performance. A 38 ans, Florence Griffith-Joyner, double championne olympique de Séoul (100m et 200m) rendit brutalement l’âme le 21 septembre 1998 suite à une attaque cérébrale. C’est pratiquement depuis cette date que le dopage devint un soupçon généralisé. Dans le milieu du cyclisme comme dans le football, le doute est jeté sur l’ensemble du sport de haut niveau. Les experts ont conclu que les échecs et la solitude du sportif sont autant de raisons psychologiques qui peuvent conduire au dopage pour maintenir le niveau de performances, puis au basculement dans la toxicomanie, qui relaye une pratique sportive qui avait fonctionné presque comme une première drogue. Les performances hors normes font désormais naître des doutes. L’amateur rêvant de médailles d’or symboliques avait cédé le pas au professionnel bardé de sponsors et soucieux de transformer le muscle en dollars. Les dirigeants sportifs et politiques du monde entier se sont réunis au début du mois de mars dernier à Copenhague afin de se doter de l’arme censée leur permettre de combattre le mal. Le sport, devenu phénomène socio-économique majeur, ne survivrait pas au cancer du dopage. Déjà le Comité international olympique (CIO) avait convoqué dès 1999 une première conférence internationale pour décider la création de l’Agence mondiale antidopage (AMA). Une ONU du sport, chargée d’établir et de faire appliquer un règlement planétaire pour traquer et sanctionner le dopage selon les mêmes critères et avec la même sévérité dans tous les sports et tous les pays. Le Maroc ne fait pas l’exception. Depuis près de vingt ans notre pays figure parmi les pépinières de grands champions, notamment dans l’athlétisme. L’affaire Boulami a fait beaucoup de remous dans ce sens et bascule toujours entre le vrai et le faux, mais elle a causé beaucoup de tort à notre champion. Certains de nos athlètes chuchotent que le nombre d’usagers de matières prohibées sont nombreux. Mais pour éviter l’amalgame, il faudrait instaurer une bonne procédure informative. Plusieurs produits pharmaceutiques contiennent des produits interdits pour cause de dopage. Il est fort probable que certains athlètes de par leur niveau d’instruction limité ne perçoivent pas l’erreur et consomment à leur propre insu un « médicament dopeur ». Ce qui risque de les faire inculper. La FRMA devrait mettre sur pied tout un dispositif consacré uniquement à l’information des athlètes. Il en va des grands acquis de nos champions et de plusieurs années d’efforts et d’espoir.

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