Hors-jeu : La pratique

La fédération de football a tranché officiellement en faveur de la mise en oeuvre du professionnalisme. Le communiqué qu’il a publié la semaine dernière a mis fin à toutes les manoeuvres visant à tuer ce projet dans l’oeuf. La polémique va s’arrêter là où il a commencé. La décision de réduire le nombre des équipes du GNFI de 16 à 124 étant désormais applicable dès la saison prochaine, sachant que quatre équipes seront reléguées à la division inférieure à la fin de la saison en cours. L’initiateur du projet, le président Ahmed Ammor, doit jubiler. Le ministre Ahmed Moussaoui qui avait émis une certaine réserve, semble avoir adhéré totalement au projet. Les polémistes de service n’ont pas pesé lourd puisque le statu quo qui consacre l’ambiguïté de notre football, a été broyée par la passation à l’action. Tant mieux pour notre football. La fédération du football est passée à l’action deux mois seulement après avoir rendu public les grandes lignes du projet. Dans un pays où l’on disserte beaucoup, où l’on théorise souvent pour empiler les dossiers et les classer sans suite, l’action de la FRMF constitue une petite révolution de mentalité qu’il faut louer. Le secrétaire général de la fédération, Karim Alem, avait raison de nous dire qu’il vaut mieux tester un professionnalisme délicat que de rester dans un amateurisme facile et morbide. Il faut avoir la volonté d’aller jusqu’au bout de nos idées pour les concrétiser sans trop craindre les retombées d’un éventuel échec. De toutes les manières, procéder à une reforme de notre football et entamer sa mise à niveau, ne pourra pas être une entreprise à risque plus que ne l’est l’état déplorable de notre football aujourd’hui. Aussi ne faut-il pas réduire tout un projet porteur de réorganisation, d’infrastructure, d’encadrement, de financement et de réglementation, à un projet-miniature où il n’est fait mention que de la réduction des équipes de GNFI de 16 à 14 ou 12 équipes. Ce n’est qu’un détail, mais qui a son importance dans la mesure où il permettra à 12 équipes de mieux profiter des ressources générées par le professionnalisme qu’elles ne l’auraient pas été avec 16 équipes. Et puis, si l’expérience est ponctuée par une réussite, il est toujours aisé de revenir à l’ancienne formule de GNF1 avec16 équipes. Mais ce qui est important c’est de roder un cadre législatif et réglementaire qui permet aux clubs de se restructurer en respectant un cahier de charges de manière à jouer pleinement leur rôle de formation et d’encadrement. L’objectif étant d’améliorer le niveau de la compétition tout en permettant aux clubs de financer leurs programmes. Mais la réalisation de cet immense chantier reste tributaire de la volonté politique de nos décideurs qui doivent accompagner ce projet. Il ne faut pas qu’on oublie que le football crée des emplois et apporte des devises à notre pays.

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