Hors-jeu : La preuve par un Marocain

Zaki a passé avec brio son premier test. L’équipe nationale qu’il dirige est allée ramener une précieuse victoire à libreville. Face à une équipe gabonaise contre laquelle son predecesseur Humberto Cuelho s’est cassé les dents à deux reprises, aussi bien à Libreville qu’à Rabat. C’était au cours des éliminatoires de la coupe d’Afrique 2002. C’est dire combien l’énorme manne d’argent que le Portugais avait ramassée n’a pas fait le bonheur de l’équipe nationale. C’est dire, aussi qu’un technicien marocain peut être plus rentable, avec les moindres frais, que le coûteux étranger. C’est dire, surtout, que dans toute profession, un Marocain est capable de mener la barque, tout seul, à bon port. Pourvu que les responsables lui fassent confiance et lui donnent la considération qu’il mérite.
Dans le football, le culte de l’étranger est devenu si ancré dans les esprits de nos dirigeants que tout technicien marocain est assimilé à un éternel apprenti. A tel point que les entraîneurs marocains en ont fait un complexe jusqu’à douter de leurs capacités et céder à une résignation morbide. Personne n’est plus marocain que d’autre dans ce pays. Mais dans ces colonnes, on a souvent dénoncé cette discrimination envers nos entraîneurs, tellement on était sidéré par ce comportement injuste. D’autant plus que l’entraîneur marocain a tellement cédé à la panique du chômage, qu’il n’a plus le courage de se défendre. Pis encore, on a l’a poussé à l’erreur jusqu’à s’en prendre à ses collègues au lieu de défendre les intérêts de toute la corporation. La division s’est installée malgré un semblant d’entraide au sein des deux associations des entraîneurs. Une guéguerre qui a fait le bonheur des dirigeants des clubs et de la fédération pour les conforter dans leur argumentation quant à la fragilité du technicien marocain.
Heureusement que Zaki Baddou est venu démontrer le contraire, comme l’ont fait avant lui d’autres entraîneurs. La victoire de l’équipe nationale contre le Gabon est doublement salutaire dans la mesure où elle conforte une nouvelle génération de joueurs et d’entraîneurs. La preuve par Zaki. Celui-là même qui a su reconstituer une équipe en décomposition en gardant son ossature tout en y insufflant une bonne dose de jeunesse. La psychologie marocaine de Zaki conjuguée à la subtilité scientifique de la formation qu’il a alignée ont donné un nouveau souffle à notre football national. Celui de la sérénité, de la solidarité et de l’efficacité. Ce beau travail est l’oeuvre d’un entraîneur attitré auquel les dirigeants de la fédération devraient enlever le sobriquet d’adjoint. A Zaki de trouver un entraîneur adjoint. Bien marocain évidemment.

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