Hors-jeu : La psychologie de l’entraîneur

L’ex-international du Chabab de Mohammedia, Driss Haddadi, était un joueur talentueux et complet comme on en trouve rarement aujourd’hui. Il avait de la classe et une élégance unique, jouait des deux pieds et excellait dans le jeu de tête. Il affectionnait en plus une couverture de ballon extraordinaire qui donnait du fil à retordre aux défenseurs.
Haddadi a fait les grands jours de l’équipe nationale des années 70 où il formait avec Faras et Acila, la fameuse triplette magique qui a tant émerveillé le public Depuis qu’il a pris sa retraite, Haddadi s’est installé en Hollande où il a continué à jouer avant d’entraîner plusieurs équipes. Il était en vacances ces derniers temps à Mohammedia et l’on a revu avec plaisir ce joueur de caractère. Haddadi qui a suivi une formation d’entraîneur en Hollande nous a surpris en évoquant feu Abdelkader Lokhmiri.
L’entraîneur qui a donné au Chabab ses meilleurs titres de noblesse et qui reste jusqu’à ce jour le technicien le plus titré du Maroc. Rien ne lui a échappé avec la plupart des clubs marocains, ni championnat, ni coupe du trône, ni coupe maghrébine, voire la coupe Mohammed V. Un phénomène auquel Haddadi a rendu un grand hommage en axant sa discussion sur ses effets psychologiques sur les joueurs.
L’ex-n 10 du Chabab et de l’équipe nationale reconnaît que Lokhmiri appliquait, il y a trente ans, les méthodes scientifiques préconisées aujourd’hui dans les meilleures écoles de formation européenne. Ceci est d’autant plus étonnant que feu Lokhmiri n’avait même pas été à l’école et qu’il a tout appris en devenant footballeur professionnel en France.
Le constat de Haddadi n’étonne pas quand on sait comment feu Lokhmiri se comportait avec des grands joueurs de la trempe de Faras, Acila, Glaoua et les autres. Faras avait refusé de faire un déplacement pour une raison inconnue.
Lokhmiri qui s’apprêtait à prendre l’autocar avec l’équipe était intérieurement perturbé par la défection de ce grand joueur. Mais il n’extériorisait pas ses craintes devant les joueurs, bien au contraire, il les haranguait en leur disant qu’ils étaient bien capables de s’en sortir sans Faras. Il accablait ce dernier devant tout le monde, mais il ne cessait de demander discrètement au soigneur d’amener Faras par tous les moyens. Comme quoi il faut être un technicien marocain pour connaître la psychologie de nos joueurs à l’instar d’un Fakher, Fakhreddine, Madih et bien d’autres.

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