Hors-jeu : La relève

Tout developpement du sport repose sur la relève. Dans notre pays, cette logique n’est pas évidente, le résultat immédiat étant privilégié sur la planification à court ou moyen terme. De toutes les manières, on ne laisse jamais au dirigeant d’une fédération ou d’un club le temps nécessaire pour qu’il puisse réaliser ces objectifs. Il est souvent limogé au gré des clans et des intérêts, pour ne pas agir en fonction de cette donne. Mieux vaut courir derrière les résultats que de se projeter sur l’avenir en pensant à la formation des jeunes. La pénurie n’a pas cessé de se cumuler au fil des ans et ce dans toutes les disciplines sportives. Résultante de cette politique stérile, le niveau des sports collectifs a baissé d’une manière dangereuse. À tel point que le basket-Ball, le volley-ball, le hand-ball et autres, ne sont même plus compétitifs au niveau maghrébin. On l’a constaté lors des derniers championnat arabes de handball, la Rabita de Derb Ghallef s’est classée dernière. Contrairement aux apparences, le football national connaît la même régression depuis plus d’une décade même si notre pays a participé à deux coupes du monde au cours de cette période. Entre temps le niveau des équipes africaines a considérablement progressé jusqu’à gêner les puissances mondiales dans les coupes du monde senior et junior ainsi que dans d’autres catégories inférieures. Le Nigeria et le Ghana n’ont-il pas emporté la médaille olympique, la coupe du monde junior et autres titres continentaux et mondiaux. C’est grâce au bon fonctionnement de la pyramide juvénile que le football nigérian est devenu aussi compétitif que le football européen et sud américain. Chez nous on s’emploie beaucoup à orner la façade sans consolider toute la structure par une culture permanente des pépinières. Quand les plantes vieillissent et sont emportées par le vent, on ne trouve rien pour assurer la relève. L’entraîneur national qui a beau chercher des oiseaux rares en Europe, s’est rabattu cette semaine sur des joueurs locaux pour consolider l’effectif. Comme en politique, l’élite sportive ne change pas ou change peu puisqu’on trouve encore des dirigeants en fonction depuis le début des années soixante. C’est pour cela que la mentalité n’a pas changé, si elle n’a pas régressé davantage. Il ne faut se demander pourquoi les jeunes ne se précipitent pas à la direction des clubs et des fédérations, on sait que personne ne veut leur céder la place. Exactement comme dans la politique.

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