Hors-jeu : La revanche du seigneur

La victoire éclatante de Younès El Aynaoui sur le numéro Un mondial, Lleyton Hewitt, dans l’Open d’Australie, n’a pas d’égale sauf la suprématie d’El guerrouj en athlétisme. A 31 ans, le seigneur des courts marocains a réussi la gageure de s’imposer face à un bulldozer soutenu par son public et tout un continent.
Le grand, le gentil et l’irrésistible Younès ne cesse pas d’étonner, même quand il savoure une qualification aussi prestigieuse : « Ma victoire est peut-être une surprise pour beaucoup de gens. Qui me connaît dans le monde ? Mais ceux qui connaissent un peu le tennis savaient que j’avais ma chance aujourd’hui » Cette modestie n’est aucunement stéréotypée pour ceux qui connaissent ce fils de bonne famille qui déborde de gentillesse et d’humilité. Tout le monde vous connaît Younes y compris Hewitt qui rêvait de gagner ce tournoi de Grand Chlem chez lui prix qu’aucun Australien n’avait remporté depuis 27 ans.
À la fin du match, il a affirmé qu’il a bien joué mais que Younes servait très bien et touchait souvent la ligne dans un match d’une grande intensité. C’est la plus belle reconnaissance du monde d’un joueur qui s’est forgé tout seul cette réputation de battant malgré le manque de moyens et les aléas des blessures. Par sa force de caractère, sa discipline et sa rigueur et le seul soutien de ses braves parents, il est arrivé là où aucun tennisman marocain n’a pu accéder : dans les courts des grands. Il faut avoir beaucoup d’argent pour percer dans le tennis professionnel et Younès avait commencé avec des miettes. Il ne s’est jamais découragé et a continué à ses battre contre les vents et les marées de l’insouciance de nos responsables sportifs. Il a certes perdu un temps précieux à se procurer les moyens, à s’entraîner dans des conditions lamentables, mais il a résisté jusqu’au bout.
Certes il aurait pu percer à l’age de vingt ans, mais les années de calvaire n’ont fait qu’accentuer sa détermination et affûter sa condition physique et sa technique. Younès a tout de même cinq titres dans son escarcelle, ce qui n’est pas une sinécure dans le dur monde du tennis professionnel. Si cette qualification aux quarts de finale de l’Open d’Australie récompense un dur labeur, il donne une embellie providentielle à un sport national en hibernation. Il est vrai que Younès court tout seul dans les courts du tennis mondial avec des moyens de bord, mais il court sous la bannière du Maroc. Il fait honneur au Maroc même si dans ce pays, il se trouve encore des décideurs qui ne supputent pas à sa juste valeur les exploits individuels d’un sportif marocain.
Dans ces temps de crise, le drapeau marocain a été hissé haut en Australie et partout dans le monde à travers les chaînes satellitaires. C’est dire qu’un Younès ou un Hicham El Guerrouj font mieux qu’un ambassadeur qui se distingue par les réceptions à l’occasion des fêtes nationales. Le sport a l’impact d’une diplomatie, à condition qu’elle soit active, avec comme bonus l’élégance et l’humilité du seigneur Younès Al Aynaoui

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