Hors-jeu : L’adhésion morbide

Il est toujours intéressant et agréable d’écouter parler l’ex-international, Aziz Bouderbala. L’artiste en football est aussi un musicien qui joue bien le luth et chante merveilleusement les classiques arabes d’Abdelhouab, Abdelhalim et Abdelouab Doukkali.
Ce virtuose du football qu’on ne trouve plus chez nous est devenu ainsi un homme raffiné, un philosophe et un professionnel du football. On l’a revu avec plaisir dans notre rédaction jeudi dernier où, au cours d’une discussion, il a décortiqué la crise de notre football avec la pertinence et le savoir qu’on lui connaît.
Parmi les multiples causes de la déchéance de la balle ronde qu’il a citées, le système des adhérents lui semble le facteur qui a le plus nui à notre football. Aziz estime, à juste raison, que la formule d’adhésion dans les clubs a été détournée négativement de son objectif. Il considère que les critères d’adhésion sont tellement souples et fragiles qu’ils permettent à des intrus de devenir des dirigeants avec une facilité déconcertante.
Aziz a touché à un problème qui a miné la démocratie dans les clubs en suppléant les élections truquées des assemblées générales. Il ne faut pas se leurrer et croire que le nombre ridicule des supporters qui paient leur cotisation sont tous des volontaires. Dans les plus grands clubs, ils ne dépassent pas une centaine et, dans les petits clubs, on ne retrouve même pas une dizaine. La plupart d’entre eux ne sont là que pour faire la différence dans le vote car leur cotisation est payée par le président ou l’un de ses alliés inconditionnels. Si cela ne vous rappelle rien, cela ressemble comme une goutte d’eau aux jeux perfides des conseillers communaux qui sont dans la droite et votent pour la gauche ou vice-versa. L’alliance idéologique cède le pas à l’argent. Dans les clubs on vend et l’on achète comme dans les collectivités locales et tant qu’un club ne dispose pas de mille adhérents et plus, les comités existants ne sont là que par la magie de l’argent. Il est donc normal que les intrus y siégent, voire de là se frayer le chemin qui les mène au GNF pour accoucher de la gestion désastreuse que l’on connaît aujourd’hui. Il ne faut pas s’étonner donc que certains de ses arrivistes s’accrochent à leurs postes malgré le tollé général qu’ils provoquent. Aussi faut-il commencer par arrêter cette hémorragie au niveau des clubs pour pouvoir assainir la fédération et le GNF.

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