Hors-jeu : L’admirable courage de Doumou

Le retour du KAC dans la cour des grands est désormais acquis même si le championnat du GNFII compte encore quatre journées. Ce n’est que justice pour l’équipe fanion de Kenitra qui a écrit une belle histoire dans le grand livre de notre football. Le KAC a, de tout temps, enfanté de grands joueurs comme l’avant-centre Mohamed, le meilleur buteur Boussati et des générations de footballeurs racés. Mais le nom de KAC reste intimement lié à un homme qui lui a consacré toute sa vie.
Il s’agit évidemment de Mohamed Doumou, ex-président du KAC et dirigeant fédéral parmi les grands qu’a connus notre football. Il a toujours répondu présent depuis le début des années soixante-dix jusqu’aujourd’hui et ce même s’il n’est plus président du club. Il est toujours là malgré les aléas de la vie, malgré l’ingratitude qui sévit dans ce milieu et surtout malgré les graves difficultés de santé qu’il a connues. Atteint d’une maladie d’origine nerveuse, Doumou devrait en principe s’éloigner du football où les nerfs sont constamment mis à l’épreuve. Mais l’homme est têtu par son amour indicible au KAC qu’il a continué à soutenir alors qu’il souffrait le martyre. Entre deux séances de thérapie, il trouve le courage d’aller au stade municipal de Kenitra, voire de faire des déplacements pour supporter son équipe.
Notre doyen et maître, Najib Salmi, a raison de dire de Doumou qu’il est un homme admirable et qu’il était en avance sur son temps au moment où il était dirigeant actif. C’est grâce à lui que nos clubs ont renoué avec les compétitions africaines après plus d’une décennie de rupture. Sous sa direction, le KAC avait remporté le championnat et il avait alors prononcé sa célèbre phrase : «on est champions, et après?».Une réflexion pertinente quand on sait qu’à l’époque le titre de champion du Maroc n’était qu’un couronnement fictif sans aucun avantage moral, ni matériel. Et c’est Doumou qui a sorti ce championnat de la routine en engageant le KAC dans la coupe d’Afrique des champions.
L’ancien secrétaire général de la fédération aura marqué de son empreinte notre football par son sens de la gestion, sa générosité et son franc-parler. Il a tenu tête à l’ingratitude des hommes, aux vicissitudes de la vie, voire à la fragilité de sa santé en continuant à aimer le KAC pour le seul amour du football. Il doit être heureux aujourd’hui en voyant son équipe accéder en GNFI après tant d’années de sacrifices. Nous partageons son bonheur et celui de tous les Kacistes.

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