Hors-jeu : L’automobile en panne

Le comité directeur de la fédération royale marocaine de sport automobile (FRMSA) a décidé de provoquer une assemblée générale extraordinaire le 27 courant.
Cette décision a été prise à la suite d’une réunion tenue à Rabat après la démission prononcée du président de la FRMSA, Brahim Zekraoui. Ce dernier avait, en effet, quitté une réunion précédente en annonçant sa démission de son poste de président de la fédération. Il était en colère parce que le comité directeur n’a pas voulu supprimer une phrase du rapport moral critiquant sa gestion.
Une attitude saugrenue d’un président qui cultive le paradoxe jusqu’à dénoncer ce qu’il a lui-même cautionné lors de l’assemblée générale. Se sentant menacé dans sa fonction de président, il a approuvé un rapport moral l’accablant directement afin d’éviter provoquer la démission automatique du bureau fédéral. C’est après qu’il s’est aperçu qu’il s’est fait lui-même piéger pour tomber dans le ridicule en demandant la suppression du paragraphe incriminant sa gestion. Il faut être vraiment un néophyte en matière des règlements des associations sportives pour vouloir amender en réunion restreinte ce qu’une assemblée générale a ratifié en séance souveraine.
Pis encore, le président Zekraoui qui a démissionné verbalement et a fait savoir à son comité que qu’il mettra à sa disposition les documents de la fédération, a fini par se rétracter. Trop tard car la décision de la tenue de l’assemblée générale extraordinaire a justement pour ordre du jour l’élection d’un nouveau président.
Le statut de la fédération permet la tenue de ces assises à la demande du président mais aussi et surtout quand le quorum de deux tiers du comité directeur est atteint. Ce qui fut fait. Ce n’est malheureusement pas pour la première fois que la fédération des sport automobile est secouée par de luttes intestines. Elle est, comme la fédération du cyclisme, squattée depuis belle lurette, par des bouteurs inébranlables. Ils font et défont les comités à leur gré et selon leurs intérêts individuels au détriment d’un sport qui n’a pas cessé de tomber en panne. Pourtant le sport automobile est pratiqué par une élite d’intellectuels et d’hommes d’affaires qui ne devraient pas tomber dans ce ridicule. Et ce sont justement les pilotes qui souffrent e plus de ces guerres de tranchées qui rendent leur progression dangereuse sur des routes minées. Tous les circuits sont fermés pour cause de panne fédérale.

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