Hors-jeu : L’autosatisfaction d’Azmi

Ce qui s’est passé avant et après le 2 novembre 2002 et ce qui se passe actuellement à la RSS reflète l’image terne de la gestion catastrophique de nos clubs. La débandade est totale quand on sait que l’équipe a failli déclarer forfait, la semaine dernière, quand les joueurs et l’entraîneur ont fait grève. La RSS s’est déplacée à Tanger avec une équipe de juniors et un titulaire qui n’a plus remis les pieds sur le terrain depuis trois mois.
Cette bouée de sauvetage n’est malheureusement pas un acte spontané mais calculé selon que l’on soit dans un clan ou dans un autre. Car tout ce qu’endure cette équipe à longue histoire est une affaire stupide de clans, de pouvoir et d’intérêts personnels. Il ne faut pas se leurrer. Si les joueurs font grève pour réclamer leur dus, c’est une doléance légitime certes, mais il faut voir derrière pour comprendre.
Quand on sait que même l’entraîneur a débrayé, il est facile d’imaginer qu’il était, lui aussi, poussé par l’un des deux antagonistes. Quand le gardien Benzekri, qui était suspendu par l’entraîneur depuis des semaines, a voyagé avec les juniors pour jouer à Tanger, c’est que l’autre clan a, lui aussi, sorti ses cartes. Cette comédie tragique n’est pas le propre des dirigeants, ni des joueurs ni de l’entraîneur settatis. Ce jeu perfide existe au WAC, au Raja, au Chabab, au MAS et un peu partout sauf que ses répercussions restent cantonnés dans les coulisses.
Mais les gens de la Chaouia ont cette vertu ou ce défaut de tout déballer sans se soucier des conséquences. C’est leur nature que l’on connaît bien sauf que la crise de la RSS a été aggravée par une décision aussi surprenante qu’unique dans les annales de notre football. Un comité directeur qui dissout une section de football pour la remplacer par un comité provisoire où siège l’ex-président élu, Rachid Azmi, est un fait rarissime et extrêmement contradictoire. Car comment admettre que des membres d’un comité dissous soient reconduite dans une commission provisoire de crise? À moins qu’il n’y ait pas de crise au préalable ou qu’elle soit créée et provoquée pour des considérations extra-footballistiques. La preuve, ce changement n’a fait qu’envenimer la situation d’un club avec le maintien d’un dirigeant qui dure dans le temps et dans l’espace.
Le président élu, qui n’a pas terminé son mandat pour siéger au comité provisoire, ne cesse pas d’étonner. Il démontre qu’il ne veut pas quitter le navire dont il ne détient pas la barre tout en jouant au commandant. Il était tellement heureux qu’il nous a déclaré avoir rempli sa mission de dirigeant quand il a réussi à déplacer des juniors à Tanger pour remplacer les titulaires en grève. Cette autosatisfaction béate est vraiment pathétique pour un dirigeant qui détient les rênes de la RSS depuis plus d’une dizaine d’années. Voilà une équipe, représentant la Chaouia, longtemps parrainée par la RAM et ayant une longue histoire dans notre football, qui se retrouve dans les méandres.

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