Hors-jeu : Le basket attend sauveteur

Le basket-ball national tarde toujours à prendre sa vitesse de croisière. Les analystes lui prédisaient pourtant un avenir radieux au-lendemain du sursaut enregistré dans les années 90. L’apparition d’une nouvelle génération de basketteurs imprégnée par l’esprit et le haut niveau de la NBA annonçait une contagion affective pour le basket national, en passe de brûler les étapes. Mais plus d’une dizaine d’années après, le panier national continue toujours de décevoir. Certes, le problème des moyens pécuniaires et humains se pose avec acuité. Mais au-delà des restriction budgétaires, d’autres entraves, d’ordre organisationnel cette fois, n’en sont pas moins présentes. L’exemple le plus frappant, qui contribue à aggraver ce constat, est illustré par des membres fédéraux accaparés par d’autres fonctions et responsabilités. Un membre fédéral, qui devrait en principe se consacrer à sa tâche pour la remplir comme il faut, se trouve engagé en même temps sur deux ou trois autres fronts. Il existe des membres de la Fédération qui font également partie d’une quelconque commission (arbitrage, discipline, statut et règlement etc…). Ces mêmes membres sont, bien entendu, issus des clubs nationaux, et de ce fait ils gardent toujours des liens avec leurs origines. Il y en a même qui sont impliqués dans les ligues !! Cumuler autant de responsabilités en même temps, et prétendre les mener à bon escient, relève de l’ironie. C’est un état de choses qui ne se trouve nulle part ailleurs. Même pas chez nos vis-à-vis arabes et africains. Un individu branché parallèlement sur différentes activités n’en assumerait aucune. De plus, le statut du membre fédéral qui est aussi membre d’une commission d’arbitrage, ou d’une autre qui s’occupe des règlements et statuts, peut facilement influencer des décisions, changer des positions ou tout simplement attirer des faveurs. La complaisances et le trafic d’influence deviennent monnaie courante par la force des choses. Un autre problème mis à l’index par les observateurs nationaux. La préparation des clubs est toujours perturbée à cause de la programmation de l’Assemblée Générale (AG) de la Fédération de tutelle. L’AG est tenue en principe en début de saison, alors que dans la plupart des pays, elle se tient juste après la fin de la saison. De cette façon, les responsables et les dirigeants des clubs savent à quoi s’en tenir bien avant les vacances. Et de ce fait, ils préparent laborieusement leur entrée. Si des amendements ont lieu, ou si de nouveaux statuts voient le jour, tout le mode en est informé au moment approprié. A tout cela s’ajoutent les souffrances, côté matériel. Les pratiquants du basket-ball en savent quelque chose, et un certain nombre d’entre eux ne pensent plus qu’à quitter le championnat national pour aller s’épanouir ailleurs, notamment aux pays du Golfe. Alors qu’un basketteur en Amérique, ou même en Europe, est plus prospère qu’un chef d’entreprise en pleine expansion, son homologue marocain arrive à peine à survivre. La vraie vie est si souvent celle qu’on ne vit pas. Demander à nos basketteurs.

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