Hors-jeu : Le football de la misère

Le président du WAC, Nassreddine Doublali, menace de déclarer forfait si le GNF ne lui verse pas les quatre millions de dirhams qu’il doit à l’équipe bidaouie. C’est en tout cas ce qui se dégage de la déclaration du dirigeant Wydadi à notre confrère le «Matin ». S’il est peu probable que Doublali aille jusqu’au bout de son intention, il n’en demeure pas moins que la situation est grave.
Quand une équipe aussi prestigieuse que le WAC n’arrive plus à payer les arriérés de ses joueurs, c’est qu’il y a du feu à la maison. Décidément la déroute du Mali a ,au moins, le mérite d’étaler au grand jour les multiples maux de notre football longtemps voilés par des mots faussés de nos dirigeants. Après la crise du RBM, du CODM et du KACM, voilà arrivé le tour du grand WAC.
Ce constat est d’autant plus amer que le GNF qui est censé superviser le championnat n’arrive pas à s’acquitter de son dû envers les clubs. Même si le président Doublali laisse croire qu’il s’agit d’un complot contre son équipe, il est de notoriété publique que d’autres clubs sont dans la même situation vis-à-vis du GNF.
Ce dernier a été toujours un mauvais payeur et l’on se demande à quoi sert cette entité si elle n’arrive pas à honorer ses engagements et encore moins à gérer correctement le championnat national. Si c’est pour établir le programme du championnat et désigner les arbitres, il est clair que ces formalités étaient mieux gérées dans l’ancien système.
Notre football et surtout nos clubs n’ont pas besoin d’une structure qui expédie les affaires courantes, mais bel et bien d’une institution qui planifie et exécute une politique à moyen et long terme. Encore faut-il qu’elle soit dirigée par des professionnels et surtout par des dirigeants de clubs ayant une expérience reconnue dans la gestion de l’entreprise footbalistique.
Or force est de constater que la plupart des dirigeants de grands clubs ne siègent pas au sein du GNF qui est squatté par des fonctionnaires spécialistes du cumul des fonctions. Il ne faut pas s’étonner outre mesure si Doublali, et bien d’autres avant lui, parle de la gestion anachronique d’un football de misère.
Quand les dirigeants du GNF ne sont même capables d’appliquer les règlements qu’ils ont eux-mêmes mis en place, il faut convenir que le pire que nous vivons aujourd’hui n’est aucunement une fatalité.

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