Hors-jeu : Le Parlement rajaoui

Feu Abdelkader Lokhmiri, qui était connu par ses énormes boutades, qualifiait toujours le Raja de Parlement. L’entraîneur le plus titré du Maroc ne parlait pas dans le vide quand il évoquait en ces termes cette véritable institution sportive. D’abord le Raja est une équipe emblématique par sa renommée, son palmarès, son jeu «Perjegouien» et son légendaire public passionné à la folie. Ensuite, et c’est là où réside l’appellation de Lokhmiri, cette équipe été souvent dirigée par des personnalités de renom. Ses comités ont vu passer des sommités du monde politique comme Feux Mâati Bouabid, Abdellatif Semlali et Abdelouahed Mâach ou des gestionnaires attitrés comme Ahmed Ammor de la RAM, voire des éditeurs comme Abdelkader Retnani.
Tous ces dirigeants de marque et les autres qu’on n’a pas cités sont, dans un moment ou dans un autre, passés par des moments difficiles dans la gestion du club. Certains ont même été pointés du doigt d’une manière insolente par des agitateurs téléguidés dans les assemblées générales ou dans le stade. Les crises au sein du Raja sont si fréquentes depuis des décennies qu’elles sont devenues banales et finissent toujours par se dissiper.
Il est vrai que les conflits d’intérêts, par personnes interposées, sont souvent à la base de ces tempêtes rajaouies. Malheureusement tous ces tristes acteurs sont si aveuglés par le pouvoir qu’ils oublient qu’en agissant de la sorte, ils nuisent à la bonne marche de l’équipe. La crise que connaît le Raja aujourd’hui est aussi banale que ses précédentes sauf que les limogeages pleuvent d’une manière torrentielle. Il est difficile de les justifier même si la suspension d’Ahmed Aski semble directement liée à l’affaire de publicité sur les maillots lors du match de la ligue des champions contre la Zamalek.
Une erreur à laquelle est venu s’ajouter l’oubli de dépôt de réserve sur la non-qualification de deux joueurs du Chabab El Massira lors du dernier match du Raja. Une responsabilité qu’il partage avec le secrétaire administratif, Said Bouzerouata. Ce dernier aurait, dit-on, écrit sur la feuille du match de la rencontre la mention «RAS» alors qu’il aurait dû signaler cette irrégularité avant le début du match. Mais si la faute est avérée, il demeure que les sanctions paraissent démesurées quand on sait que ces commissions sont légions dans notre championnat. Mais le Raja n’est pas comme tous les autres clubs car la pression est si intense que le comité respire à travers l’air du public et des adhérents.
Ce qui n’est pas toujours raisonnable, quand on sait que les raisons qui poussent certains adhérents ou supporters à soulever la tempête ne sont pas toujours fondées. Comme cette intention de quelques adhérents qui veulent tenir une assemblée générale extraordinaire pour exiger la tenue d’une AGO du comité. Ridicule ! Il est impensable que des adhérents ignorent le règlement qui donne droit aux seuls membres du comité de provoquer une assemblée générale extraordinaire.

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