Hors-jeu : Le patriotisme du mieux-disant

La responsabilité des joueurs dans la déroute de la CAN a été, peu ou prou, évoquée. Il est vrai que les membres fédéraux ont tellement trempé dans la médiocrité et la négligence qu’ils ont influencé les joueurs. Mais ces derniers, aussi « professionnels » qu’ils soient, devaient êtres plus matures pour ne pas jouer avec les couleurs nationales comme s’il s’agissait d’un arc-en-ciel.
Or il s’est avéré, bien avant le départ pour le Mali que les joueurs n’avaient aucun sens de responsabilité pour assumer leur rôle. Le manque de rigueur des dirigeants de la fédération les ont poussés à donner libre cour à leurs caprices et à leur insouciance. Il est aberrant que les joueurs puissent réclamer une augmentation de la valeur de leur prime à la veille de la CAN.
On ne peut que l’assimiler à un vilain chantage émanant des joueurs dits professionnels qui brassent des millions de dirhams dans leurs clubs. Si ce comportement a un quelconque rapport avec la patriotisme, c’est que tous les traîtres du monde peuvent aussi se targuer de cultiver ce noble sentiment.
L’argent n’a jamais rimé avec le patriotisme. Il devient même sale quand il est suivi par cette passivité déconcertante de nos joueurs au cours de ce match-honte face à l’Afrique du Sud. Ils ont oublié ou ils feignent d’oublier qu’ils doivent beaucoup à l’équipe nationale qui leur a permis d’embrasser une carrière professionnelle. Leur recrutement par des clubs européens n’auraient jamais pu se produire s’ils n’avaient pas été supervisés dans des compétitions internationales avec la sélection nationale. Rien que pour ça, ils devaient être redevables à vie à leur pays. Mais comme la maturité n’est pas le fort de nos joueurs, la célébrité et l’argent leur montent facilement à la tête.
C’est triste ! et c’est encore plus triste que cette nonchalance soit conjuguée à une indiscipline caractérisée qui a rendu l’ambiance au sein du groupe on ne peut plus morbide. On se demande par exemple si Camacho et Chippo auraient pu se comporter au sein de leur club comme il l’ont fait avec Ouaddou. Et dire qu’après leur prestation chaotique à la CAN, certains sélectionnés ont trouvé le cran pour se lamenter sur le prix d’un billet d’avion. D’autres ont curieusement retrouvé toutes leurs sensations pour faire des supers matchs avec leurs clubs. Juste après leur retour. En économie, on appelle ça le mieux-disant.

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