Hors-jeu : Le réel et le prévisionnel

Le bureau de la fédération est prêt à démissionner si cela contribue au dénouement de la crise que connaît notre football. Ce sont les membres de la commission chargée de contacter les différents acteurs de notre football qui ont fait cette déclaration. Bon signe, on avance. Il existe même une explication plausible qui les a empêchés d’aller au bout de leur intention.
C’est le président du GNF, Mohamed Aouzal, qui nous en donne la meilleure explication : « Le bureau fédéral est responsable de la débâcle de la CAN. Ses membres ont voulu démissionner, mais ils ont renoncé à cette idée par crainte d’être accusés de fuir leur responsabilité et d’éviter de rendre des comptes » Que c’est bien dit ! Ils ont eu le courage de ne pas démissionner pour démonter à tout le monde qu’ils assument et qu’ils sont prêts à s’adonner au jeu de la transparence.
C’est nouveau dans un pays où tout est géré avec l’opacité de rigueur : élections, bilan d’entreprises publiques et privées, gestion des partis politiques, fiscalité, CNSS et tout… Sauf que les dirigeants de notre football, qui ne craignent pas d’être audités, ne dressent pas de bilans financiers pour que leurs comptes soient contrôlés.
À preuve depuis sa constitution, la fédération n’a pas tenu son assemblée générale comme elle le devait le faire pour élire le tiers sortant. Or comme chacun le sait le bureau fédéral actuel émane en grande partie de la commission provisoire qui a longtemps sévi sans contrôle. Ce ne sont pas les rapports financiers élaborés à la hâte, sans pièces justificatives, et approuvés à l’unanimité… qui vont instaurer la transparence. Car si le bureau fédéral voulait vraiment être transparent, il devait commencer par nous donner le coût de cette équipe nationale qui a foiré à la CAN.
Au jour d’aujourd’hui personne n’est capable de vous donner le chiffre exact de l’argent dépensé pour la sélection sur les deux fronts de la coupe du monde et de la CAN.. Et pour cause tout se perd et se transforme dans les comptes, secrets d’Etat, de la FRMF. Les joueurs n’ont-ils pas perçu une prime de qualification plus forte que celle qui leur a été allouée avant le départ pour le Mali ? Voilà où mène la gestion hasardeuse qui fait fi de l’écart considérable entre le prévisionnel et le réel. Du coup, nos dirigeants sombrent dans le surréalisme pour devenir incapables de démissionner alors qu’ils le souhaitent.

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