Hors-jeu : Le sens de la mesure

L’entraîneur du KAC, Abdelkader Youmir, n’est pas réputé pour être un homme incontrôlable sur le terrain. Il a toujours su contenir ses émotions pour éviter le plus possible de provoquer les arbitres, le public ou ses adversaires. Mais on ne sait pas quelle mouche l’a piqué dimanche dernier à El Jadida lors du match DHJ-KAC quand il s’en est pris d’une manière insolente et indécente au public. Venant de la part d’un entraîneur aussi chevronné, c’est le comble de la bêtise et de la fuite en avant pour justifier l’injustifiable. Un éducateur, de par sa formation et surtout sa mission, ne pourra jamais justifier un geste ou une parole injurieux envers quiconque. Sinon, et c’est cela le hic dans cette attitude irraisonnée de Youmir, le public et les joueurs trouveront toujours des excuses pour les violences verbales voire physiques qui se produisent, hélas, chaque dimanche dans nos stades. Et si le phénomène de désertion des terrains par le public a pris une telle ampleur, c’est à cause justement de cette ambiance de guerre que l’on entretient dans nos stades. On gagne un match de football avec la qualité de ses joueurs la stratégie de l’entraîneur et la bonne gestion du dirigeant. Encore faut-il savoir que le football a ses secrets qui font que même si tous les ingrédients sont réunis, une équipe peut perdre un match face à un adversaire moins coriace qu’elle. Mais ce qui est sûr, c’est que la victoire ne s’acquiert jamais avec la violence, l’énervement ou l’insolence car tout simplement elle est régie par les règles du jeu. Un jeu qui est malheureusement dénaturé par des enjeux financiers, personnels ou même mercantiles que ce soit chez l’entraîneur, le joueur, le dirigeant ou le supporter. Et c’est pour préserver ses acquis que toutes ces composantes de l’équipe sont subjuguées par une sorte d’hystérie collective à chaque fois qu’elles sont en déplacement. Tous ceux qui accompagnent l’équipe pour jouer un match à l’extérieur se sentent persécutés comme s’ils sont sur un terrain miné en face de l’ennemi. Ils sont si excités qu’il suffit de la moindre étincelle provenant d’une attitude du public ou d’une décision de l’arbitre pour qu’ils déclarent la guerre à tout le monde. Pourtant aujourd’hui tout a changé dans nos stades, la caméra est là pour dénoncer les dérapages et le service d’ordre est vigilant pour assurer la sécurité des gens. Il reste au dirigeant, à l’entraîneur et au joueur de savoir qu’on ne peut pas gagner à tous les coups.

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