Hors-jeu : Le sport de la délinquance

En une semaine, deux faits divers sont venus envenimer notre sport déjà affecté par des mauvais résultats toutes disciplines confondues. Le joueur du Raja,Omar Nejjari, s’est présenté dans un état second au siège du club pour créer un scandale et s’auto-mutiler en défonçant une vitre avec une violence inouïe. Il était tellement inconscient qu’il a perdu beaucoup de sang avant d’être transporté d’urgence dans une clinique.
Ce grand joueur qui souffre de troubles caractériel a plutôt besoin d’être soigné et aidé au lieu d’être sanctionné et jeté en pâture. Le suivi médical et psychique n’a pas de droit de cité chez nous. C’est la raison pour laquelle beaucoup de nos sportifs ont sombré dans la délinquance. Deux jours après cet incident, la fédération d’escrime a été ébranlée par une histoire abracadabrante de harcèlement sexuel.
L’escrimeuse, Faycali Najat, a accusé le DTN de l’avoir agressée lors de la participation de l’équipe nationale à la coupe d’Afrique au Sénégal. L’affaire a pris une telle ampleur que la présumée victime a porté plainte contre le présumé agresseur. Cela reste à prouver quand on sait que cette même athlète avait en 1999 porté la même accusation contre un autre membre de la fédération lors d’un tournoi à Tunis. Et puis la fédération d’escrime, comme toutes les autres fédérations est secouée souvent par les souffles malveillants des luttes intestines. Il faudrait donc appréhender cette affaire avec beaucoup de retenue en attendant les conclusions du ministère qui a entendu les deux parties du conflit. Ceci étant, que le fait soit avéré ou qu’il s’agisse d’un règlement de comptes, cette affaire reflète le malaise que connaît notre sport.
L’équipe nationale féminine de football n’a pas échappé à cette délinquance sportive quand des footballeuses ont dénoncé publiquement les agissements de certaines joueuses. On avait parlé de consommation de haschich et de pratiques sexuelles entre joueuses. On s’est contenté d’étouffer l’affaire en sanctionnant des bouc-émissaires sans extirper le mal par la racine. Ce qui s’est passé en coupe d’Afrique quand Ouadou, humilié par deux de ses coéquipiers, a quitté l’équipe nationale, démontre combien notre sport est tombé si bas.
Ce grave dérapage de certains sportifs ne pourrait être que la conséquence logique d’une gestion désastreuse de nos fédérations. Les hommes qui les dirigent ne doivent pas être tous des saints pour qu’ils enfantent des monstres.

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