Hors-jeu : Le sport et la vie

Personne n’est prophète chez lui. Nawal El Moutawakil doit le savoir mieux que quiconque, elle que les décideurs sportifs marocains boycottent pour des raisons tout aussi incompréhensibles que puériles. Car comment expliquer qu’une aussi grande dame, première femme arabo-musulmane médaillée d’or au J.O qui siége au CIO et à L’IAAF, soit mise à l’écart dans son propre pays.
Cette conférencière de renommée mondiale est reçue avec les honneurs dans les plus grands pays du monde. Celle qui représente un symbole de l’émancipation de la femme arabe et musulmane a su avec sa ténacité et sa détermination conjuguer la célébrité avec le savoir faire en tant technicienne et gestionnaire. Feu S.M. le roi Hassan II l’avait toujours portée dans son coeur et reconnu ses compétences en la nommant secrétaire d’Etat à la jeunesse et des sports. Depuis son accession au trône, S.M. le roi Mohammed VI qui l’avait accueillie, en tant que Prince héritier, après son retour triomphal de Los Angeles en 1984, l’a toujours entouré de sa sollicitude. Sauf que les responsables de notre sport font tout pour ne pas profiter de son expérience et de ses multiples relations dans la haute sphère du sport mondial.
Dans un autre pays où le sport n’est pas entre les mains de certains intrus, comme chez nous, la logique veut qu’elle soit sur le plus haut podium. Mercredi dernier Nawal El Moutawakkil a été primée avec les honneurs par la prestigieuse association «Women’s Sports Foundation» dans l’enceinte du “Capitol Hill » à Washington. Devant un parterre de personnalités américaines et étrangères, c’est le sénateur Ted Stevens qui lui a remis le trophée « Flo Hyman». Ce prix qui met en exergue l’émancipation et la notion de l’égalité de la femme par la pratique sportive récompense la passion, la patience et l’entière disponibilité de Nawal à servir le sport féminin.
Cette cérémonie fut trop solennelle pour qu’elle ne soit pas relatée avec autant d’intéressement ce qui a poussé Hilary Clinton et un groupe d’éminents sénateurs à recevoir Nawal El Moiutawakill. Normal que cette derniere qui a roulé sa bosse partout dans le monde soit très émue face à l’intérêt que porte la classe politique américaine à cette fondation et à la valeur du prix qu’elle décerne pour dire dans son discours: «… Grâce à cette initiative louable, mon histoire de passion et d’amour avec le sport va perdurer…» Le message est bien passé en Amérique et à travers cette cérémonie à tous les sportifs du monde. Chez nous, les détracteurs de l’intelligence vont certainement le brouiller par l’ignorance et la médisance en réduisant par les vicissitudes de leur verbe, une consécration acquise en haut lieu par l’acte.
Nawal n’en a pas cure puisqu’elle n’a pas le temps de parler dans le vide, elle qui se consacre corps et âme à sa passion pour le sport et à son engagement dans les actions caritatives. Mais elle aura certainement ressenti un pincement au coeur quand honoré par les grands, elle se rappelle qu’elle est dénigrée, chez elle, par les petits. Autrement sa présence dans le Sénat américain symbolise sa réussite dans le sport et la vie qui est d’ailleurs le thème de l’année de la fondation des femmes sportives.

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