Hors-jeu : Le suivi en suspens

Les Marocains sont allergiques à la notion du suivi des dossiers en suspens. Ils décident, peaufinent le projet, ouvrent ou non le chantier. Et puis s’en va. On ne fait pas le suivi des avancements des travaux de construction, on ne fait pas le suivi d’une commission ministérielle ou parlementaire. Personne ne sait, par exemple, qu’est ce qu’il est advenu du projet de guichet unique pour les investisseurs. Même les journalistes rechignent à faire du suivi qui est une notion importante dans le domaine de la presse. Il est aberrant de couvrir, en pompes, un procès d’un individu condamné en premier instance et de le lâcher quand il passe en appel. Cela pourrait se transformer en un préjudice moral incommensurable si la même personne est acquittée devant la cour d’appel. Même nous à «Aujourd’hui le Maroc» on a suivi le silence des décideurs sur un dossier cher aux Marocains qu’est la candidature du Maroc à l’organisation de la coupe du monde 2010. Depuis que Driss Benhima a été nommé Wali du Grand Casablanca, on a oublié qu’il était en charge de ce dossier. Tout le monde a suivi le Wali et a oublié qu’il est le président de l’Association Maroc 2010. Feu Sa Majesté Hassan II s’était investi corps et âme pour ce dossier comme l’est aujourd’hui son auguste fils SA Majesté Mohammed VI. Pour la mémoire du souverain défunt et la gloire de son descendant, le suivi des chantiers ouverts devrait être en permanence dans nos esprits. On ne sait par exemple pourquoi le projet grand stade de Casablanca, n’est pas encore passé à l’état de chantier. Faut-il encore attendre que la commission technique de la FIFA vienne contrôler l’avancement des travaux signalés dans le cahier de charges pour qu’on brandisse de nouveau des maquettes. La concrétisation de ce rêve nécessite la mobilisation de tous les opérateurs que ce soit l’Etat, les communes et le privé. Il est à rappeler que la France n’a construit qu’un stade quand elle a obtenu l’organisation de la coupe du monde de 1998. Les autres stades ont été tout simplement réaménagés avec un montage financier moins coûteux. Au cours de la dernière candidature, l’Afrique de sud est venu nous rivaliser avec force et il faut s’attendre, cette fois-ci, à la concurrence d’autres pays africains. Dans ce cas de figure, mettre le suivi de cet immense chantier en instance équivaut à un désistement prématuré avant le décompte final

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