Hors-jeu : L’envie de gagner

L’essentiel est de participer. Le précurseur des Jeux olympiques modernes, Pierre De Coubertin, avait lancé cette phrase au début du siècle. Son but était de vulgariser le sport et de développer le sens de la compétition qui étaient encore à l’état embryonnaire. Aujourd’Hui le sport a pris des dimensions considérables pour devenir une raison de fierté, voire un signe révélateur de la puissance d’un pays. D’ailleurs le sport, toutes disciplines confondues, est devenu le domaine le plus médiatisé et ostensiblement générateur de ressources financières. Il est donc normal que les pays développés consacrent un budget consistant au développement du sport qui, au retour, valorise l’image de marque du pays. Feu Sa Majesté Hassan II n’avait-il pas étonné tous ses sujets quand il avait déclaré que Saïd Aouita avait fait connaître le Maroc au monde entier mieux que quiconque. Ce faisant, la notion de Coubertin, si elle n’a pas perdu tout son sens, est dominée aujourd’hui par celle de la suprématie : l’essentiel est de gagner. Tout le monde s’est imprégné de cette devise sauf l’équipe nationale de football dans la compétition africaine la plus prisée : la Coupe d’Afrique des nations. Depuis l’odyssée d’Addis Abeba de Baba, Faras, Zehraoui, Acila, Dolmy et les autres, l’équipe nationale n’a plus remporté aucun titre. Et pourtant depuis 1976 beaucoup de nos sélections plus étoffées en joueurs de talent et plus matures tactiquement avaient la possibilité de décrocher ce titre. L’équipe nationale a raté même l’occasion de remporter une deuxième fois ce titre quand le Maroc a organisé chez lui cette compétition africaine en 1988. Il semble malheureusement que trop excités par les fastes de la Coupe du monde, la fédération et le staff technique accordaient peu de cas à la CAN. Pourtant ce forum africain qui se déroule juste avant le Mondial aurait pu être une grande émulation pour les joueurs si la sélection arrivait à décrocher ce titre. Ce fut le cas pour l’entraîneur Mehdi Faria et son équipe de rêve mexicain de 1986 qui avait tous les atouts pour briguer cette consécration en Egypte. Il en est même pour la sélection entraînée par Henri Michel qui était l’équipe favorite à la CAN 1998 au Burkina Faso. Il semble que l’échéance de la consécration sera repoussée pour la énième fois à une date ultérieure. L’entraîneur Cuelho n’a même pas encore son équipe type à un mois de la Coupe d’Afrique du Mali. Malheureusement, il n’est même pas permis de rêver.

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