Hors-jeu : Les caciques du sport

Le sport, c’est de la politique. Jamais ce décalque entre ces deux domaines n’a été aussi bien établi comme chez nous au Maroc. Il est vrai que partout dans le monde, le sport a pris une telle ampleur qu’il est inventorié comme une rubrique primordiale dans l’actif de la politique. Ses enjeux socio-économiques se sont démultipliés pour capter plus que toute l’attention des gouvernants, des peuples et des médias. Un vecteur percutant, puisqu’il aiguise la fibre patriotique et rehausse l’image de marque de toute une nation.
Le sport est devenu une priorité incontournable chez les politiques. Seulement, cet intérêt qui se traduit par une budgétisation consistante chez la plupart des pays n’est pas suivi au Maroc avec la même intensité. Du moins en ce qui concerne le volet d’investissements financiers, d’infrastructure ainsi que celui des ressources humaines. Il est vrai que l’autorité suprême de l’Etat, SA Majesté le Roi Mohammed VI, accorde un intérêt soutenu au sport et aux sportifs. Mais cette volonté royale, voire les directives du Souverain ne trouvent ni les hommes politiques appropriés, ni les dirigeants sportifs compétents pour les mettre en exécution. S’il est vrai que notre sport souffre de la carence des moyens financiers, il n’en demeure pas moins que le budget qui lui est réservé n’est pas employé d’une manière rationnelle. Ce sont donc les hommes qui vivotent autour de toutes les disciplines qui freinent l’élan de la multitude des talents sportifs qui pullulent dans notre pays. Le sport, c’est de la politique. Non seulement il n’existe pas de politique sportive dans notre pays, mais nos politiques s’en servent et ne le servent pas.
Le ministère de la jeunesse et des sports, qui est censé superviser ce domaine, se contente de jouer le rôle de la caisse enregistreuse. Ce département est si fidèle à cette vocation qu’il lui arrive souvent d’avaliser des comptes erronés, de cautionner des comités illégaux, voire d’accréditer des dirigeants qui ne sont aucunement au-dessus de tout soupçon. Pour s’en assurer, il suffit de consulter les procès et les affaires en cours où certains dirigeants sont impliqués dans le trafic de la drogue et autres malversations financières et dilapidation des deniers publics. D’autres continuent depuis des décennies à s’accaparer les rênes des fédérations pour des raisons qui ont des liens avec tous les domaines sauf avec le sport. Le sport, c’est de la politique. Mais au Maroc, le dénominateur commun entre ces champs c’est qu’il y a autant de caciques en sport qu’en politique qui détestent la retraite.

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