Hors-jeu : Les fossoyeurs du football

Le championnat du GNFII a atteint la douzième journée et déjà on entend parler de matchs truqués. Généralement c’est en fin de saison que les marchands du football illicite commencent leurs perfides transactions. Mais il semble que cette année, la campagne de la corruption a débuté plus tôt que d’habitude vu le nombre élevé des prétendants à la montée en GNFI. Au cours de la journée précédante, une équipe casablancaise a perdu chez elle un match qu’elle ne devait pas perdre sur le papier. Ses dirigeants ont senti que certains joueurs ont levé le pied pour permettre à l’équipe adverse de mener les débats. Il semble qu’après enquête, le comité du club a localisé les coupables parmi lesquels figurent trois joueurs et un membre du staff dirigeant. Le comité aurait suspendu les joueurs incriminés et leur mentor qui est un personnage tres réputé dans le milieu par sa spécialisation dans ce genre de magouilles. Le comble c’est que ce dirigeant a été recruté par l’équipe adverse moyennant 2000 dirhams par mois pour accomplir ce travail infâme auprès d’autres équipes afin qu’elle puisse retrouver l’élite. Ce type de courtiers couvre en long et en large le football des divisions inférieures et agit dans une impunité totale. Mais personne n’a essayé de les contrecarrer pour mettre fin à leurs agissements qui durent depuis des lustres. Dans les années quatre-vingt, feu Belkheir qui était alors entraîneur de la grande équipe de la Centrale laitière n’avait pas peur de ses adversaires mais d’un coursier du genre précité. Son équipe était alors classée première et dominait le championnat mais il ne faisait pas, pour autant, des illusions : ”Mon équipe ne pourra jamais accéder en première division tant que le dirigeant X n’arrêtera pas de monnayer les rencontres de son équipe“. Il avait vu juste puisque l’OC n’a retrouvé l’élite qu’après que l’équipe de Monsieur l’ait précédé. Résumons et disons tout haut ce que tout le monde pense tout bas : la plupart sinon la totalité des équipes qui montent en GNFI ne le doivent qu’au sens commercial de leurs dirigeants. Sinon ils n’auraient pas lâché leurs entraîneurs dès qu’ils retrouvent leur place en division supérieure. Il faudrait que l’équipe casablancaise qui a découvert le pot aux roses la semaine dernière dénonce cette affaire aux dirigeants de la fédération. Si ces derniers sanctionnent les joueurs et les dirigeants coupables des deux équipes tout en comptant zéro-point pour l’équipe victorieuse avec l’argent sale, tous les prétendants réfléchiront cent fois avant de tremper dans la magouille.

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