Hors-jeu : Les oubliés des médias

Du 10 au 14 décembre s’est déroulée la 3-ème édition du Championnat arabe de kick-boxing en Tunisie. Le Maroc était présent aux côtés de l’Algérie, le Liban, la Jordanie, l’Egypte, la Palestine, la Syrie, l’Irak et la Tunisie, pays organisateur. L’information est passée inaperçue ou presque. Pourtant, nos champions ont devancé tous leurs congénères participants en remportant haut la main cette troisième édition. Douze médailles dont six en or, trois en argent et trois autres en bronze ont propulsé les quinze pugilistes marocains (3 femmes et 12 hommes) à la tête du championnat forçant ainsi la reconnaissance des observateurs présents et des représentants de l’Union arabe de kick-boxing, instance organisatrice de la manifestation. Les nôtres ont été les meilleurs sur tous les plans. Aux termes des compétitions, le comité d’organisation a en effet élu la sélection marocaine en tant que meilleure équipe du tournoi. L’entraîneur national, Lahcen Ouassou fut reconnu en tant que meilleur entraîneur. La délégation marocaine a décroché également les titres de meilleure joueuse en la personne de la championne Mahjouba Oubtil médaillée d’or de la catégorie -65 kg. Plus encore, et c’est là la cerise sur le gâteau, un autre Marocain, en l’occurrence Abdelfattah Bouhlal, est reconnu comme le meilleur arbitre de l’édition. Le tableau est complet pour ainsi dire. Sauf que cet exploit est passé sous silence alors que le large public devrait être informé dans les détails les plus infimes de cette réussite. Le public doit connaître des noms qui risquent de sombrer dans l’oubli, car les occasions de ce genre n’ont lieu que périodiquement. Mahjouba Oubtil, Rachida Laârissi et Samira El Haddad se sont avérées de redoutables combattantes. Les Marocaines ont imposé leur suprématie en étant récompensées toutes les trois en or pour avoir surclassé leurs homologues arabes. Un bilan très honorable à mettre à l’actif de la femme marocaine. Certains adeptes des arts martiaux ont manifesté leur mécontentement du fait que les médias nationaux ne donnent pas d’importance aux succès des champions du kick-boxing. En tout cas pas avec la même façon que s’il s’agissait d’athlétisme ou de football. Et ils n’ont pas tout à fait tort sur ce point même si le public (et la réputation) des autres sports sont beaucoup plus proportionnés que les arts martiaux en général. Cependant, la règle générale veut que tout exploit réalisé par un athlète national, quelle que soit la discipline, soit transmis aux Marocains. Aux échecs comme au tennis de table, en jet-ski comme en rugby, tout succès national doit automatiquement se propager à travers le Royaume. Il y a des jeunes à encourager à suivre l’exemple de leurs aînés, des talents en manque de confiance, d’autres talents oubliés et des cadres techniques repliés sur eux-mêmes. Un passage, voire plusieurs, à la télé et à la radio en plus des reprises de la presse écrite ne demande pas beaucoup d’efforts et encore moins des « frais », à moins que le champion ne doive payer…

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