Hors-jeu : Les pistes de la gloire

L’athlétisme national reste le fond de commerce sportif le plus rentable aussi bien pour l’image de notre pays que pour l’épanouissement de sa jeunesse. On oublie ou l’on feint d’oublier qu’à part trois médailles de bronze acquises par nos boxeurs, tout le capital de distinctions olympiques est détenu par l’athlétisme.
C’est d’ailleurs feu Abdessalem Radi qui avait ouvert le bal des médailles dans le marathon aux jeux olympiques de Rome en 1964. Depuis, cet homme a vécu dans l’anonymat et la misère jusqu’au jour où le bon dieu l’a rappelé à lui. Certes vers la fin de sa vie, certains ont voulu rectifier le tir mais ce n’était des coups d’éclat sous les feux des caméras et de la presse nationale. Heureusement que les autres athlètes qui l’ont suivi dans la gloire depuis 1984 ont récolté suffisamment d’argent pour ne pas sombrer dans le besoin. Mais si ces stars qui ont hissé haut le drapeau national dans le concert des nations s’en tirent bien en menant leur vie décemment. Ils ont par contre besoin d’une reconnaissance morale qui fait défaut dans le milieu sportif national. Le mythe d’un champion est entretenu ailleurs avec fierté et respect durant toute sa vie et longtemps après sa mort. On le respecte, on l’adule et on l’invite à mettre sa longue expérience au service d’une discipline ou d’une autre.
Chez nous, certains ont malheureusement cette manie d’enterrer vivant les ex-gloires, voire des ex-champions du monde. Pourtant tout le monde sait, pour ne parler que l’athlétisme, que des stars comme Saïd Aouita, Nawal Moutawakil, Khalid Skah, Brahim Boutayeb et bien d’autres ont beaucoup à apporter à l’athlétisme national. Ils ont beaucoup d’atouts pour avoir côtoyé le gotha de l’athlétisme mondial, pour avoir été entraînés par des spécialistes de renommée mondiale et pour avoir cumulé une longue expérience dans le domaine en parcourant le monde. Rien que pour cela, ils sont qualifiés d’avance pour être des acteurs essentiels dans la gestion de la fédération d’athlétisme. Cela n’exclut en rien qu’ils puissent le faire en harmonie avec des dirigeants qui ont démontré leur sens de gestionnaires attitrés. Il faut seulement enterrer la hache de guerre et les susceptibilités qui ont longtemps caractérisé les relations les dirigeants et les anciens athlètes.
Le légendaire Saïd Aouita veut absolument mettre fin à cette guéguerre en préconisant le dialogue et surtout l’esprit de concessions indispensable à tout accord. Il ne reste qu’à saisir cette opportunité pour remettre notre athlétisme sur les pistes de la gloire.

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