Hors-jeu : Les politques du sport

Le président délégué du Hassania d’Agadir, Abdallah Aboulkacem, n’a pas fait dans les détails en évoquant la crise financière aiguë des clubs du GNF. Son initiative de s’adresser à SA Majesté le roi Mohammed VI pour parrainer le dossier de la réforme de notre football est pour le moins très pertinente eu égard à la gravité de la situation. Il est clair que beaucoup de dirigeants de clubs aspiraient depuis longtemps à ce que cette requête arrive en haut lieu, pour que l’on sauve notre football de la dérive. Car depuis que les responsables de notre football clament de l’aide à toutes les instances, les pouvoirs publics n’ont jamais daigné s’impliquer dans la gestion de notre sport.
C’est à croire que le ministère de la jeunesse et des sports n’existe que pour parader au sein d’un gouvernement qui considère le sport comme un accessoire. Ce qui est encore plus désolant, c’est que les représentants de la nation, en l’occurrence les élus, suivent cette ligne de conduite avec un silence assourdissant. Les difficultés de la gestion de notre sport en général et de notre football en particulier ont peu ou proue intéressé les hommes politiques. C’est pour cette raison que, depuis l’indépendance aucun gouvernement n’a planifié une véritable politique sportive. La gestion de ce domaine primordial pour la promotion sociale et économique de la jeunesse a ressemblé toujours à celle de l’épicerie du coin. Les pouvoirs publics s’impliquent directement quand il s’agit de désigner un président d’une fédération, mais s’effacent dès que l’on commence à réclamer les moyens financiers.
Dans ces petites manoeuvres, la force de l’Etat s’impose. Mais quand il s’agit d’irrégularités flagrantes commises par les dirigeants que les pouvoirs publics ont désignés ou dont ils ont soutenu la candidature, personne ne bouge le pouce. Or ce qui se passe aujourd’hui dans notre sport est absolument inadmissible pour une nation qui a donné beaucoup de champions dans plusieurs disciplines.
Les fédérations sont gérées par des comités provisoires qui multiplient les bévues et les bavures. Du coup les clubs sont abandonnés à leur triste sort, sans moyens, ni structure, ni infrastructure, ni gestion rationnelle. Le comble, c’est que l’Etat prend des initiatives comme celle d’engager la candidature du Maroc à l’organisation de la coupe du monde alors que notre pays manque d’infrastructures, comme les stades, les hôtels, les routes et en télécommunication.
Cette audace aveugle n’a aveuglé personne comme si les décideurs et l’opinion publique sombraient dans les rêves les plus extravagants. Quand on sait que l’Etat n’alloue que moins de 1 % de son budget général au ministère de la jeunesse et des sports, on reste pantois devant des ambitions aussi démesurées. Une politique a besoin de volonté politique, mais aussi des moyens de cette politique.

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