Hors-jeu : L’exil des athlètes

Quand on parcourt la liste des athlètes français sélectionnés pour les championnats d’Europe, on reste pantois devant la résonance des noms. On trouve, bien sûr, des Fabrice, Stéphane, Marc, Frederic et autre Marie, Chantal et Melina. Mais cette liste contient des noms et des prénoms qui nous sont très familiers pour être de consonance marocaine. Il existe des athlètes connus pour avoir un jour défendu les couleurs marocaines comme Ismail Sghir, Driss Maazouzi et Abdallah Behar. On y découvre aussi d’autres noms moins connus comme Hassan Lahssini, Rachid Checkmani, Mehdi Baala et bien d’autres. Quand on sait qu’à part ces sélectionnés franco-marocains, on a recensé plus d’une centaine d’athlètes marocains qui courent sous la bannière tricolore, on devine l’ampleur des dégâts.
À cette armada d’exilés et de naturalisés en Hexagone, il faudrait ajouter les athlètes qui se sont réfugiés sous d’autres cieux en Europe et Amérique. La fuite des pieds d’or n’a jamais cessé depuis que la fédération s’est transformée en département de sécurité au début des années quatre vingt-dix. Parmi les demandeurs d’exil sportifs, il y en a ceux qui ont été menacés dans leur intégrité physique.
Cette défection n’a pas cessé pour autant avec l’arrivée du comité provisoire qui assure l’intérim du néant. Bien au contraire notre athlétisme s’est enfoncé davantage dans la gestion du médiocre, de la négligence et de l’indifférence. Aouzal et compagnie aiment le statu quo comme ces mauvais bougres que sont les dirigeants espagnols qui s’installent dans l’illégalité sur un îlot marocain. Ils ont dépassé la durée légale d’un an et usent de tous les subterfuges pour ne pas tenir l’assemblée générale de la fédération. Normal que tout le monde veuille quitter ce bateau qui navigue sans commandant y compris les athlètes les plus huppés. Nos dirigeants ont réussi à faire partir Said Aouita en Australie et à contenir toutes les compétences y compris celles de Nawal El Moutawakill.
Tous les paradoxes de notre athlétisme résident dans la manière avec laquelle cette grande dame de l’athlétisme mondial est traitée. Non pas en tant qu’ex-championne olympique. Mais pour rester dans le présent, ces fossoyeurs feignent d’oublier que Nawal est membre du comité exécutif de la fédération international d’athlétisme (IAAF) et membre du comité olympique international (CIO). Pour mémoire aucun Marocain n’a jamais occupé des postes importants dans des instances sportives internationales comme l’est Nawal aujourd’hui. Fichtre ! Mais de quoi demain sera fait ?

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