Hors-jeu : L’indiscipline des dirigeants

Il semblerait que le problème de l’indiscipline chez certains de nos sportifs reste lié à leur parcours. Il ne s’agit pas d’exceptions ou de cas isolés comme il se passe partout dans le monde où des têtes chaudes  troublent occasionnellement le cours normal des choses. La plupart du temps, c’est le public qui est montré du doigt pour ses excès de zèles quand il juge que son équipe favorite a été lésée. Le sport est une discipline académique, scientifique et technique comme une autre. Une notion qui est loin des esprits de beaucoup de pratiquants au Maroc. Une illustration de cet état de fait a eu lieu à la salle du complexe sportif Mohammed V le week-end dernier lors des demi-finales du play-off. Le MAS qui était aux prises avec le TSC finira par l’emporter haut la main. Les phases du jeu se déroulaient le plus normalement du monde et, selon la logique, le meilleur devait gagner. Vers la fin du match, les choses allaient prendre une autre tournure.
Les joueurs du TSC notamment Redouane Bouzidi qui est un excellent élément et Amine Toumi dont la taille (2,10m) est digne du NBA ont perdu leurs nerfs. Plusieurs fautes furent commises et les arbitres étaient sur le point d’être assaillis physiquement. Des gestes qui n’ont aucun rapport avec le sport allaient être enregistrés par les caméras de la télévision et diffusés dans tous les foyers marocains. Un mauvais exemple pour la jeunesse intéressée par le basket. Le comble, c’est que les protagonistes le savaient.
 Un joueur de l’élite du basket national n’enlève pas son maillot pour le propulser par terre dans un geste quasiment enfantin. Il est vrai que certaines décisions déplacées des arbitres ont jeté de l’huile sur le feu. Mais cela ne permet en aucun cas à des joueurs de «châtier» l’arbitre sur-le-champ. Il existe des structures, et chaque match est suivi et observé par un délégué de la Fédération Royale Marocaine du Basket-ball.
Il faut dire aussi que les délégués laissent planer des doutes quant à l’accomplissement de leur mission. Si les erreurs d’arbitrage sont signalées à la Fédération, des mesures auraient certainement été prises envers les arbitres fautifs. C’est à croire, comme l’affirment certains dirigeants, que les délégués ne présentent pas leurs rapports aux instances concernées. D’où la récidive de part et d’autre. D’ailleurs, dans le monde de la grande balle orange nationale, il est de coutume que les dirigeants eux-mêmes entrent dans ce cercle vicieux de l’indiscipline avec leurs insultes à l’adresse des arbitres et de «tout ce qui bouge».  Se laisser emporter par la colère, même à juste titre, est un comportement de sous-développé, surtout pour un dirigeant qui se targue de «hisser» le sport national. Ce manque total d’un minimum de bonne conduite de la part des joueurs, comme du côté des dirigeants qui se plaisent à manifester une attitude féodale, fait fi de toutes les règles du fair-play. Ce serait déplacé que de suggérer à ces gens d’observer un minimum de bonne conduite. La discipline est une chose admirable, mais il convient de se rappeler de temps à autre que rien de ce qui vaut d’être connu ne saurait s’enseigner.

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