Hors-jeu : L’inventaire du sport

Le sport est une chose trop sérieuse pour qu’il soit traité comme un produit de luxe ou un accessoire. Il devait et il doit être à l’ordre du jour du nouveau gouvernement parce qu’il concerne la population la plus active du Maroc : la jeunesse. Dans ces temps de crise économique, de misère, de chômage endémique et de délinquance dure, le sport est plus que jamais un vaccin contre la propagation de tous ces maux. Il est inconcevable que le discours politique soit toujours axé sur la promotion socio-économique des jeunes sans que les moyens nécessaires soient mis à leur disposition.
Le budget alloué au ministère de la jeunesse et des sports est très dérisoire pour qu’il puisse répondre aux voeux pieux. À tel point que ce département n’a de ministère que le nom, puisque le dernier des ministrables peut y accéder facilement sans la moindre compétence. Tout le monde y passe , un ingénieur agronome, un avocat ou un homme d’affaires, sans que cette carence n’influe sur le rendement du gouvernement.
Les spécialistes du sport sont des laissés-pour-compte. A tel point que même les élus de la nation ont succombé à cette tradition d’ignorer le rôle que joue le sport dans l’évolution saine de la jeunesse.
Ils sont rares les députés qui ont osé un jour posé une question orale ou écrite dans le Parlement sur la politique sportive du gouvernement. Or, tout le monde le sait dans la haute sphère politique, on ne s’intéresse au sport que dans des circonstances particulières, quand un athlète ou une équipe nationale se distinguent à l’échelle internationale. La gestion ou les gestionnaires du sport n’ont jamais été contraints de faire leurs bilans comme il est de coutume dans tous les départements.
Pis encore, aucun organisme étatique n’a été chargé de contrôler l’argent du contribuable qui coule en ce qui concerne le sport, souvent dans dépenses futiles. Il est évident que si un jour l’Etat s’offre les moyens pour vérifier les comptes de cette nébuleuse des fédérations sportives, on découvrira certainement des scandales en miniature comme ceux du CIH, BCP, CNCA. Mais jusqu’à ce jour, jamais un dirigeant de fédération, de ligue ou de club n’a répondu de ses actes financiers malgré la multitude de scandales qui ont éclaté dans toutes les disciplines sportives. Pis encore, le statut de dirigeant que tout le monde réclamait est resté lettre morte comme tout projet qui pourrait mettre à nu les carences des hommes et du système.
Or il est de notoriété publique que le dirigeant sportif peut être parachuté de n’importe quelle planète. c’est cela le mal de notre sport, c’est pour cela que l’on commencera dès demain à vous faire des portraits des bons et des mauvais dirigeants. Rendez-vous demain avec le président de la FRMF, Housni Benslimane.

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