Hors-jeu : L’orientation de l’information

Il faut savoir raison garder. Jamais cette expression n’a été aussi tonnante comme elle l’a été après les dernières décisions prises par le bureau fédéral. La restructuration de la commission technique a donné lieu à une multitude d’extrapolations, de rumeurs sciemment véhiculées et de prétentions à peine voilées. Le communiqué du bureau fédéral a été tellement travesti que l’information inexistante a été préfabriquée pour se transformer en rumeur et s’élever par la suite en rumeur confirmée.
La presse sportive est vraiment fertile en supputations surtout quand certains dirigeants de la fédération s’en mêlent en orientant l’information selon leur conviction ou leur intérêt. Du coup celui qui n’aime pas Baddou Zaki le donne partant, celui qui aspire à le remplacer l’amplifie et la presse suit. Du coup aussi, ceux qui adorent Phillip Troussier sautent sur l’occasion pour le mettre au-devant de l’actualité.
Du coup, et ce n’est pas la fin, on sème le doute sur la fiabilité du rapport qui sera présenté par le comité de réflexion au président de la fédération sur la redéfinition de la commission technique. On vous l’a dit dans ces mêmes colonnes que le sport, et surtout le football, est comme la politique. Il est fait de rumeurs, de tractations en coulisses, d’intoxication médiatique et de coups de semonces pour tâter le terrain. Et comme le terrain de la spéculation est très abondant dans un sport où l’on cultive beaucoup plus le faux que le vrai, il est normal que tout le monde se bouscule pour partager un gâteau fictif. Il ne faut pas se leurrer, car même la presse sportive joue à ce jeu dangereux de se prendre pour une force de proposition alors que son rôle est d’informer et de commenter au lieu de s’immiscer dans les affaires de la fédération. Certains journalistes confondent l’amitié dans leur vie privée avec des opérateurs sportifs avec la neutralité dans leur approche professionnelle.
C’est malheureux de le dire, mais dans notre corporation, certains font et défont les entraîneurs et les dirigeants selon des critères contraires à la rigueur professionnelle. C’est pour cela que l’on voit dans la presse écrite et à la télévision les mêmes figures de dirigeants. On est, nous aussi journalistes, responsables de la déconfiture de notre sport, autant que les dirigeants et les entraîneurs. il est facile de hisser au panthéon de la notoriété, par les mots et l’image dithyrambiques, un dirigeant ou un entraîneur. Mais il est difficile de commenter le revers de la médaille quand ces derniers butent sur l’échec.
Quand un journaliste raisonne, par amitié, Il fait le travail d’un attaché de presse qui loue toutes les actions de son patron qui ne se trompe jamais jusqu’au jour où tout le monde coulera avec le bateau. Notre football a failli coulé avec des dirigeants super médiatisés dans une étonnante splendeur de la médiocrité.

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