Hors-jeu : Magie noire

Dans l’édition francophone d’ «Al Ahram Hebdo» de cette semaine, la journaliste Dina Darwich a commis un article sur la magie noire en football africain et arabe. Nos confrères égyptiens sont, comme vous le savez, très fertiles et imaginatifs dans le commentaire sport et surtout dans le football.
La presse égyptienne en général se distingue souvent par l’excès de nationalisme aveuglant et de patriotisme débordant que les journalistes affichent à tort et à travers dans les compétitions sportives. Les Pharaons d’Oum Dounia ont cette manie ou cette magie, pour ne pas déborder du sujet, de tout transformer en verbe guerrier comme s’ils étaient en guerre contre le monde entier. À tel point qu’un adversaire en football est traité comme un ennemi potentiel par la presse, les dirigeants et le public.
Les Rajaouis viennent de subir le goût amer du football égyptien quand ils ont affronté le Zamalek avec des supporters qui leur jetaient des pierres et une presse qui se croyait au front … de Sinaï en…1973. Les Égyptiens sont très allergiques au football marocain qui les a souvent cloués au pilori, jusqu’en faire une hantise. La journaliste francophone Dina Darwich d’Al Ahram hebdo » vient d’administrer une autre preuve stupide du chauvinisme journalistique égyptien.
Figurez-vous, si vous ne le savez pas, qu’après une investigation approfondie, elle a découvert que le football marocain est très célèbre par son gri-gri. Si l’on croit Dina, le mérite de tout le palmarès marocain en football revient à nos «fqihs» et non pas au talent de nos joueurs. On vous livre quelques passages de ses délires : «…il existe des pays où l’usage de la magie noire est une pratique courante notamment au Nigeria, au Mali, en Tanzanie, au Cameroun, ou encore au Maroc très réputé dans ce domaine… L’expérience marocaine s’est avérée utile pour d’autres pays arabes, notamment l’Arabie saoudite, dont les pages des journaux ont été témoins d’une bataille entre deux grands clubs du royaume. L’un accusant l’autre d’avoir recours à la magie et de faire des voyages secrets au Maroc avant chaque rencontre.» Excellent reportage, sauf qu’il est complètement faux et débile quand on sait que la journaliste égyptienne a tout naturellement épargné les footballeurs de son pays. Selon elle, les Pharaons sont des saints et ne s’adonnent pas à des rituels sauf celui de faire des prières dans des mosquées célèbres.
Le reportage est tellement parfait pour la consommation égyptienne qu’il ne manquait à la journaliste que le droit d’annuler tous les matchs perdus par la sélection égyptienne devant le Maroc.
Dina aurait dû avertir la FIFA de ces pratiques marocaines interdites par les règlements pour que son pays gagne ce qu’il a perdu. Sur tapis vert. Quant à la presse sportive égyptienne, elle a été envoyée depuis longtemps sur le tapis, tout court.

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