Hors-jeu : Mondial maghrébin

La candidature conjointe du Maroc et de la Tunisie à l’organisation de la coupe du monde 2010 est bénéfique à maints égards. D’abord cette initiative élude une confrontation qui était inévitable si les deux pays maghrébins s’étaient portés candidats d’une manière individuelle. Ce qui aurait, en plus, dispersé leur énergie et permis à leurs concurrents de gagner des points. Ensuite et c’est le plus important cette candidature commune est éminemment stratégique puisqu’elle renforce la chance des deux pays d’abriter le Mondial africain.
À l’instar de Mondial asiatique avec le Japon et la Corée du Sud, la fiabilité de ce projet est tout aussi assurée. La distance géographique entre les deux pays ne dépasse pas deux heures à vol d’oiseau comme celle de leurs relations politiques qui sont proches. Mais leur atout principal c’est que leur façade maritime donne sur l’Europe qui pointe à quelques kilomètres de leurs cotes méditerranéennes respectives. Cette proximité est fortement appréciée par les fédérations européennes, les chaînes de télévision et autres sponsors de la FIFA.
L’éloignement du pays organisateur avec les aléas du décalage horaire ont toujours causé des désagréments aux téléspectateurs et par conséquent à la rentabilité financière du Mondial. Le Maroc et la Tunisie jouissent, en outre, de la stabilité politique et d’une sécurité contenue dans les stades et les villes contrairement à d’autres pays candidats. Si la logique est respectée la FIFA a beaucoup d’intérêt à ce que le Mondial se déroule au Maroc et en Tunisie ne serait-ce que parce qu’il sera à la fois africain, arabe et maghrébin.
D’autant plus que les deux postulants ont longtemps mené les débats dans le football africain et étaient les premiers à avoir percé dans la coupe du monde de 1970 au Mexique et de 1978 en argentine. C’est dire que la passion du football est ancrée dans la mémoire des deux peuples beaucoup plus qu’au Etat-Unis ou dans les pays asiatiques qui ont organisé le Mondial avant eux. Il est vrai que les moyens et les infrastructures des pays précités dépassent ceux des deux pays maghrébins. Mais cette candidature conjointe est faite justement pour rendre complémentaires les infrastructures des deux pays en stades et autres moyens de communication.
Le jeu vaut la chandelle quand on sait que cette décision a été prise en haut lieu par les chefs d’Etat des deux pays. Ce n’est donc pas la volonté politique qui manque, ni l’engouement populaire, ni encore le réseau du soutien européen et africain à cette démarche. Il reste aux responsables des deux pays d’établir une stratégie de campagne agressive pour transformer ce long rêve en réalité.

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