Hors-jeu : Réhabilitez les compétences

Ce n’est pas le fruit du hasard si la Fédération royale marocaine de basket-ball travaille depuis quelques années d’arrache-pied pour tendre en permanence vers une progression. La raison est évidente. Ce sport a effectivement connu un grand décollage avec l’apparition de talents capables de rivaliser avec leurs homologues au niveau continental. Cependant, il existe une anomalie qui accompagne cette progression de la discipline. La majorité des entraîneurs nationaux font l’objet de larges critiques dans les milieux de la balle à panier. Les observateurs nationaux considèrent que certains coachs sont bien en deçà du cours qu’a pris le basket dans notre pays. D’aucuns imputent cet état de choses à la maigreur des budgets et l’absence de ressources financières dont souffrent les clubs marocains. Ce qui n’est pas improbable. Mais en même temps, cette situation paradoxale va dans la direction opposée de l’intérêt de la discipline et d’un avenir prometteur. De plus en plus de jeunes sont passionnés par le basket, mais les encadreurs font toujours défaut. Le problème c’est que les potentialités de haut niveau existent, mais elles sont marginalisées. Bon nombre d’entraîneurs sont aujourd’hui au «chômage» alors qu’ils méritent plus que jamais de prendre des responsabilités pour le bien de la discipline. Ce sont des ex-joueurs nationaux, qui ont acquis une grande expérience en matière d’encadrement et qui ont exercé également en tant qu’entraîneurs des meilleures formations marocaines. A ce titre, il est triste de savoir que des cadres comme Driss Houari, Bouchaib El Guerch, Bouchaïb Al Azhary, ou encore Khalid Rouass et Youssef Lemjahed, Zahzouhi et bien d’autres, sont inactifs. Ils sont sujets à une «coupure», que l’on pourrait qualifier de retrait forcé. Qu’est-ce qu’on entend par coupure ? Les études et tests réalisés en occident ont montré qu’à partir de 10 jours d’inactivité, la condition (morale et physique) commence à se dégrader. Au bout de trois semaines il y a une baisse très significative, bien que non égale, de tous les facteurs de performance et de créativité. L’inactivité risque de porter une sérieuse atteinte à leur crédibilité dans l’avenir. Pas de stages, ni de concentration de formation, rien. Mais le basket est un sport qui évolue à une grande vitesse, et de ce fait, ces potentialités risquent de rater le train de l’évolution alors qu’ils peuvent beaucoup apporter au basket national. Il serait judicieux de s’ouvrir sur les Fédérations des pays avancés dans ce domaine comme la France par exemple. Pourquoi ne pas nouer des relations directes dont l’objectif serait un partenariat durable et ainsi des stages communs seront organisés de façon périodique. La question ne doit pas être si compliquée qu’elle en a l’air. D’autant plus, que le basket s’est distingué par rapport aux autres sports similaires comme le handball ou le volley-ball. Des disciplines qui pataugent toujours dans la médiocrité à cause de l’inévitable problème de moyens.

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