Hors-jeu : Sésame

Hors-jeu : Sésame

S’il est vrai que les voyages forment la jeunesse, l’équipe nationale d’athlétisme des moins de 21 ans a échoué à la première session. Et pas par sa faute. Elle n’a pas pu prendre part au meeting international d’Almeria qui s’est déroulé samedi 19 juillet. Le consulat d’Espagne à Rabat a, en effet, refusé d’accorder des visas d’entrée en Espagne aux membres de la délégation marocaine. Du côté de la Fédération royale marocaine d’athlétisme (FRMA), c’est la consternation. On assure avoir procédé à toutes les mesures, fourni les documents nécessaires, avec, à l’appui, l’invitation de la Fédération espagnole. La FRMA, qui avait affrété deux autocars pour le transport de la délégation comprenant 66 personnes, affirme avoir fourni toutes les garanties nécessaires, dont une lettre de caution du secrétariat général du département du Sport. En vain. La mort dans l’âme, les Marocains ont dû se résoudre à informer leurs confrères espagnols et malgré l’intervention du ministère espagnol des Sports, les athlètes marocains n’ont pas pu recevoir le précieux sésame qui permet d’entrer en terre ibérique. On peut imaginer la frustration de ces jeunes athlètes qui rêvaient d’imiter leurs glorieux aînés en prenant part à cette compétition. En agissant de la sorte, le Consulat d’Espagne a, soit négligé l’importance de ce meeting, soit voulu priver les Marocains d’y participer. En tout cas, le résultat est le même : frustration et consternation. Et c’est le comportement pour le moins cavalier du consulat d’Espagne de Rabat qui est seul responsable de cette bavure. Il ne faut pas nous voiler la face. Il y a certes eu des précédents fâcheux où des sportifs marocains ont profité de leur déplacement à l’étranger pour se faire la malle. Mais est-ce une raison suffisante pour priver tous les autres athlètes de haut niveau de se mesurer à leurs homologues étrangers ? Ne pourrait-on pas parvenir à une espèce de convention concernant les sportifs et qui placerait ceux-ci sous la responsabilité directe de leurs encadrants ? Certes, celle-ci doit s’exercer de fait, mais on pourrait imaginer une formule qui irait dans le sens d’une dissuasion efficace des partisans du «hrig». En d’autres termes, les officiels devraient jouer le rôle de gendarmes auprès de la délégation. C’est malheureux, mais c’est comme cela. A eux de trouver une formule qui ferait passer la pilule. Mais, ce qu’il ne faut surtout pas faire, c’est de tomber dans l’excès inverse en considérant tous les sportifs marocains comme des candidats à l’immigration clandestine. Il faut savoir garder sa raison. D’un autre côté, le grand débat qui reste à ouvrir est celui qui permettrait de comprendre pourquoi tant de nos sportifs veulent aller évoluer sous d’autres cieux. Et défendre les couleurs de clubs, puis de pays étrangers dont ils font retentir les hymnes nationaux dans les plus grandes arènes sportives internationales. Et c’est ce qui fait le plus mal au coeur des Marocains. Le reste n’est que littérature.

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