Hors-jeu : Silence radio

Nos confrères de la MAP ont bien fait de diffuser une information sur notre concurrent direct pour l’organisation de la coupe du monde : L’Afrique du sud. Elle est très révélatrice sur l’état d’esprit des Sud-africains qui ne vont pas avec le dos de la cuillère pour devancer tout le monde et entamer leur campagne.
Le candidat malheureux du Mondial 2006 a déjà tracé son planning de marketing soutenu en allant prêcher ses atouts en Allemagne. Le choix de ce pays n’est pas un hasard puisque c’est Beckenbauer et compagnie qui lui ont raflé avec une voix d’avance l’organisation de la coupe du monde 2006.
Le président du comité d’organisation sud africain, Irvin Khoza, et ses collaborateurs savent ce qu’ils font. En allant en chez leur rival gagnant de 2006, ils espèrent en tirer le meilleur profit en prenant connaissance de l’esprit managerial des Allemands et de leur expérience dans la construction des infrastructures inhérentes au Mondial. Ils gagnent aussi en publicité en organisant des réunions à Berlin pour entamer leur campagne et demander le soutien des Allemands. Ce que ne dit pas la dépêche de la MAP, c’est que le comité organisateur sud africain va s’envoler directement vers Londres pour défendre leur dossier avec la même ardeur.
Ce dynamisme des sud africains n’est pas nouveau puisque le staff organisateur de 2006 avait attaqué bien avant ses concurrents. À preuve, la campagne de la candidature marocaine n’a débuté que quatre mois après celle de l’Afrique de Sud. Tout le monde connaît le résultat puisque les Sud-africains ont failli remporter la mise à Zurich en 2000, si ce n’etait la défaillance honteuse d’un membre du comité exécutif de la FIFA.
L’Allemagne qui a mis tout son poids avec Beckenbauer et compagnie l’avait remporté avec une seule voix d’avance sur les Sud-africains. C’est dire que la candidature du Maroc sera plus ardue dans une coupe du monde réservée exclusivement à l’Afrique. D’autant plus que l’Afrique du Sud a repris les services des stars du football du continent africain avec Abedé Pelé, Georges Weah, Roger Milla et le journaliste Emmanuel Maradas d « Afrique football ». Il est étonnant que face à cette armada d’attaquants en marketing, notre candidature soit encore au stade de projet et des discussions dans les coulisses. Pendant que nos dirigeants de football s’occupent de Troussier, les Sud-africains ont déjà rencontré le président de la CAF, Issa Hayatou.
Quant à l’association Maroc 2010, elle n’existe que sur le papier et manque terriblement, comme tout notre sport, d’instance sportive à même de coordonner le travail de cet immense chantier. La sonnette d’alarme est déclenchée sans que l’opinion publique ne sache qui s’occupe du dossier de candidature, ni de son degré d’avancement. Ce qui gêne aux entournures, c’est que le gouvernement qui a pris l’initiative de dissoudre le ministère fait la sourde oreille sur ce dossier. La communication est mise sous scellés comme s’il s’agissait d’un secret d’Etat alors que ce projet concerne aussi bien les pouvoirs publics, le privé que les opérateurs sportifs et le public. Anormal.

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