Hors-jeu : Vide institutionnel

Le Premier ministre, Driss Jettou, a tenu une réunion avec le patronat, vendredi dernier. Depuis son investiture, il avait rencontré plusieurs opérateurs socioéconomiques comme les syndicats et autres associations. Lors de sa rencontre avec les dirigeants de la CGEM, il a promis aux opérateurs économiques une participation dans la construction des stades dans la perspective du Mondial 2010.
La Primature n’a pas spécifié comment ces derniers vont investir dans ce secteur quand on sait que la construction d’un stade fait l’objet d’un appel d’offres international. Encore faut-il que les entreprises marocaines de bâtiment et de travaux publics disposent des moyens techniques et humains pour concurrencer des sociétés multinationales. À moins que le gouvernement ne pense à leur offrir la sous-traitance sans qu’elles aient accès, pour autant, avoir accès aux gros oeuvres. Ceci étant, cette déclaration d’intention du Premier ministre est louable jusqu’au jour où l’on connaîtra la part des entreprises nationales dans ce chantier. Mais cette promesse suppose que le Premier ministre, et donc l’Etat, est vraiment engagé dans la candidature du Maroc à la coupe du monde. En tous les cas, cette approche paraît plus sérieuse que les précédentes dont la campagne n’avait qu’une seule dominante : la maquette. Driss Jettou semble vouloir aller plus loin en remplissant par le concret le cahier des charges de la FIFA, sauf qu’il y un hic de taille et il est d’ordre institutionnel. Depuis l’avènement du nouveau gouvernement, notre sport connaît un vide institutionnel grave. Le Premier ministre a commencé par la fin à la fois en procédant à la dissolution du ministère des sports et en présentant la candidature officielle du Maroc.
Depuis plus de trois mois, notre sport n’a plus d’instance supérieure pour coordonner ses actions et c’est un secrétaire général du ministère défunt qui gère les affaires courantes. Or dans les circonstances actuelles on ne peut se contenter de gérer le provisoire tout en prétendant à l’organisation du Mondial. Dans ce cas de figure, la FIFA se fie à la garantie de l’Etat, ce qui suppose l’existence d’une véritable politique sportive gérée par une instance supérieure.
En l’absence d’un comité olympique actif, toutes les disciplines sont aujourd’hui dirigées par un pilotage automatique. D’où les multiples dysfonctionnements dans plusieurs fédérations y compris celle du football qui ne cesse pas de se restructurer. Or que fait aujourd’hui le Premier ministre ? Il se comporte comme un décideur qui a en charge notre sport et surtout notre football. Il a reçu les dirigeants de la fédération de football pour établir une stratégie de campagne pour l’organisation de la coupe du monde.
Mais il a éludé tous les autres sports qui pataugent dans l’illégalité ou dans le provisoire pour donner une image terne de notre sport. En attendant, le flou est entretenu sur l’avenir de notre sport qui marche sans ministère, ni département, ni encore un haut-commissariat. Cette situation de vide institutionnel risque de nous jouer de mauvais tours si, dans quelques semaines, le gouvernement ne se décide pas à créer un organe chargé du sport.

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