J’aime, je partage: Cannabis, légalisation et thérapie médicale

J’aime, je partage: Cannabis,  légalisation et  thérapie médicale

Ou alors, on donne l’autorisation à tous de se jointer, histoire de faire du chiffre, vu que personne ne vient consommer autre chose. Sinon, on peut se payer son cannabis mélangé à du tabac, dans un papier à rouler, en vente dans tous les bureaux de tabacs. Mais ce type de spectacle de coin des rues, sur les grandes artères, non seulement dans les quartiers pauvres et périphériques, mais aussi dans les zones les plus cossues, prend de plus en plus d’ampleur. L’autre jour, le chauffeur d’un taxi sort un joint et l‘allume.

Je lui dis que c’est un peu osé ce qu’il fait là, que c’est pousser le bouchon trop loin, pour un bonhomme à qui les autorités ont donné un «permis de confiance». Il me regarde avec des yeux ronds et me jette à la figure, sans sourciller : «Mais tu sors d’où frère ? Mais tout le monde fume, que Dieu nous débarrasse de cette m… Moi, sans mon joint, je ne peux pas travailler. Je deviens nerveux, je m’emporte et je peux  m’en prendre à un client récalcitrant, de ton genre, qui se la ramène». Ceci a le mérite d’être clair. 

Mais je fais remarquer à ce chauffeur, que des taxis, «j’en prends tous les jours, que j’ai des amis taxi drivers, qui ne fument pas, qui respectent leur profession et leurs clients, et qui, certainement, ne pourraient jamais dépasser certaines lignes rouges». On trouve très vite un terrain d’entente et la conversation enfumée dévie sur des considérations pour le moins surprenantes de la part de ce bonhomme : «Nous sommes un pays qui produit en grande quantité le cannabis, nous avons une belle tranche sociale qui aime fumer des joints,  on devrait penser à en faire profiter tout le monde.

L’Etat peut vendre le cannabis à l’étranger vu qu’aujourd’hui c’est devenu un médicament dans des pays comme la République Tchèque, l’Angleterre, le Portugal et ailleurs. Et on nous réserve une partie pour la consommation locale. Et tout le monde il est heureux, et tout le monde il est content !». Pour être drôle, c’est drôle. Et le mec ne s’arrête pas là, il s’emballe dans des calculs, des chiffres et au bout de son arithmétique, il me lance que finalement, un jour au Maroc, on va légaliser le cannabis. «Tu verras, nous sommes un pays qui se modernise très vite, on grille des étapes parfois, on veut à tout prix devenir comme d’autres pays européens, on en surprendra plus d’un pays arabe et musulman, si du jour au lendemain, le Parlement valide une loi sur la légalisation du haschich, ça serait une date mémorable, frère, souviens-t’en».

Il ajoute dans la foulée, pour faire juste que cela réglerait du même coup le problème des trafiquants de cannabis, les dealers à la petite semaine, qui frappent leurs produits avec d’autres produits sales, et l’industrie de ce produit naturel, qui pousse bien chez nous, sera florissante comme n’importe quel autre produit agricole, même mieux !

J’attire tout de même l’attention de mon interlocuteur sur le fait que le Maroc est un Etat de droit, un pays musulman, avec un gouvernement dirigé par un parti islamiste, et qu’il est hors de question de légaliser ce qui est illégal. Mais le taximan n’en démord pas, il tire une dernière taffe et il me sourit en disant : «Tu vois, tout le bien que ça peut faire, je suis zen, dispo et je peux même tenir une conversation stratégique avec toi, alors qui a dit que le cannabis n’ouvrait pas les portes de la perception ?!». Amen.

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