J’aime, je partage: «C’est ma femme, j’en fais ce que je veux !»

J’aime, je partage: «C’est ma femme, j’en fais ce que  je veux !»

 D’autres personnes font des petites foulées. D’autres sont à bicyclette sur le passage réservé aux piétons et aux promeneurs, mais apparemment, c’est une habitude dont personne ne s’offusque ni se formalise. Bref, tout va bien, par une journée en bord de mer, un soleil légèrement timide de ce début de février qui pointe du nez et une ambiance d’insouciance  de surface. Sauf qu’un type, la cinquantaine, habillé convenablement, qui sans crier gare, cingle la joue d’une femme, la trentaine, en jogging et foulard sur la tête, d’une gifle tonitruante.

L’effet sonore est tel que les gens se sont arrêtés de marcher, comme  dans un mode pause pour d’abord comprendre  d’où venait ce fracas d’une paume sur une face. Ensuite, réaliser que c’est un homme qui a giflé une femme.

Enfin, comprendre que ce n’était pas fini. Le bonhomme, qui a vu que tout le monde a vu aussi ce qui se passait, esquisse une autre envolée pour asséner une autre gifle, puis une troisième. Et personne n’a eu le temps de pousser un cri de protestation  ou de colère tant les séquences se sont enchaînées dans la surprise et la stupéfaction générales. La femme assaillie tente aussi bien que mal de couvrir son visage, les larmes aux yeux.

Morte de trouille, elle a manifestement mal. Elle a aussi honte de se faire corriger en pleine corniche à une heure très passante.  Vous l’avez compris, c’est un couple. Mari et femme. Heureusement que les enfants ne sont pas de la sortie. Le spectacle aurait été encore plus violent et traumatisant pour les mômes.

Avec une dame, on vient vers le bonhomme pour l’arrêter de porter la main sur son épouse. Celle-ci se met derrière une autre dame. L’époux courroucé se débat et nous jette : «De quoi vous mêlez-vous, c’est ma femme, j’ai le droit de la punir». Quand on lui dit que non, qu’il doit répondre de son geste devant des juges et qu’il peut faire de la prison pour violence conjugale, il éclate d’un rire hystérique: «gardez votre moudawana pour vous.

C’est ma femme, j’en fais ce que je veux et allez-vous faire voir ailleurs». Il n’a pas exactement employé ces mots-là, mais il a été plus coriace et très imagé dans son style d’homme qui veut corriger sa femme, qu’il considère comme son bien dont il dispose à sa guise.

On réussit à le calmer tant bien que mal. La femme, elle, se réfugie dans leur voiture et attend que le mari monte et démarre. On imagine bien l’arrivée à la maison. A parier qu’il va la corriger de bonne manière ! Devant cette scène effroyable, on ne peut que se poser la question, où on vit et avec qui on vit ? cet homme est convaincu, quitte à en mourir, qu’il est dans son droit de tabasser sa femme, non seulement chez lui, c’est ce que doit être le lot quotidien de cette pauvre femme, mais dans la rue, devant tout le monde, sans se soucier de quoi que se soit.

Vous imaginez bien le nombre de femmes  battues de la sorte, dans le silence ! Rien à dire face à de telles manifestations de barbarie, de sauvagerie et d’ignorance. La vérité,  on ne sait pas comment on peut mettre un terme à ce type d’agressions. Impossible d’imaginer qu’un jour les femmes dans ce pays, jeunes filles, femmes mariées, mères de famille, seront respectées, aimées sans violence, sans intimidations, sans préjudices moraux.

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