J’aime, je partage: Musulman, justifie-toi…

J’aime, je partage: Musulman, justifie-toi…

Les musulmans sont même sommés de montrer patte blanche et de se justifier. Il faut prouver qu’on est des gens bien, des personnes pacifiques, tolérants, qui croient en les valeurs de la République. Il faut sortir manifester dans les rues de France et dire aux Français: «Regardez, nous sommes les gentils, nous n’avons rien à voir avec les illuminés de Daech».  Nous avons suivi l’actualité durant plus de 15 jours en France, il n’y a que cela : musulmans, terrorisme, Daech, Etat islamique. Tous dans le même panier.

Le zapping de Canal+ a fait le tour concentré de l’actualité  française. C’est tout bonnement triste. Tout le monde y va de son cru, tout le monde commente, donne son avis. On stigmatise, on pose des questions désobligeantes à des citoyens français, qui n’ont rien à  voir ni avec Daech ni avec ce pseudo Etat islamique, voire même des musulmans plus laïques que les Français eux-mêmes. Triste de devoir dire à tous : «Hé, je ne suis pas un Merah ni Nemmouchi, je suis tel et je n’ai aucun problème avec la France ni avec aucune autre contrée dans le monde. Oui, je m’appelle Mohamed, je suis musulman, mais je suis comme vous, peut-être même mieux».
Oui, le terrorisme s’attaque à tout dans ce monde.

Oui, les terroristes existent partout et ne menacent pas uniquement l’Occident.  Aujourd’hui, dans le monde, le terrorisme tue plus de musulmans que de non-musulmans. C’est une vérité qu’il ne faut pas oublier. Ni occulter. En Irak, en Syrie, en Palestine, au Liban, au Mali, en Somalie, au Nigeria, en Algérie, en Libye, en Egypte et ailleurs, ce sont des musulmans qui tombent tous les jours. Croyez-vous que ces mêmes musulmans n’ont pas envie de paix, n’ont pas envie de vivre sans bombes, sans attentats, sans dangers à tous les instants de leur misérable existence?  
Il faut dire que la voix des musulmans ne s’entend pas  bien.

Il faut dire aussi que l’intelligentsia musulmane se terre dans un silence terrible laissant les autres parler à sa place. C’est dans ce vide aussi que se nichent les amalgames, les faux discours, la propagande, les non-vérités. Ce que les politiques n’ont pas pu faire, c’est aux intellectuels, aux artistes, à la société civile de prendre leurs responsabilités, sans faux-semblants, sans alibis en allant au charbon et en affrontant à la fois la barbarie, l’obscurantisme et les stigmatisations avec des actions concrètes.  C’est aujourd’hui ou jamais. Il y a eu tellement de rendez-vous ratés par les intelligences musulmanes que ceux-ci s‘avèrent à la fois la dernière chance de plier cet horrible chapitre d’aveuglement et de déni des réalités de ce monde.

Il est vrai qu’on ne peut pas vivre dans ce monde sans en subir le mauvais côté, mais on peut s’en tenir à des principes élémentaires : le respect de l’autre, tous les autres. On ne se préoccupe pas de la couleur de la peau des gens, de leurs  confessions, de leurs cultures et de leurs origines. On les prend pour ce qu’ils sont à la base : des êtres humains, qui ont les mêmes droits que tous, qui doivent être respectés et valorisés, parce qu’ils sont le socle humain  sur lequel peuvent reposer des valeurs éthiques solides.

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