Label marocanité : 2008, attention les secousses !

Chaque pays a ses hommes et femmes qui le marquent et des événements qui l’obligent. Pour le Maroc, je fais le pari sur certains hommes et événements qui, plus que d’autres, pourront marquer de leurs empreintes le paysage marocain et  déteindre fortement sur l’année 2008.
Le pays, au sortir d’une année électorale connaîtra certes une pause électoraliste durant l’année qui vient avant les municipales de 2009. Si la pause est électoraliste, elle ne signifie pas pour autant vacuité politique. Au contraire, la restructuration du champ politique est une urgence. Il requiert un changement des hommes et une mutation des structures. Deux hommes me paraissent devoir jouer un rôle capital dans la mise en œuvre d’une évolution qu’il faut souhaiter positive.
Fouad Ali El Himma a l’envergure nécessaire pour jouer ce rôle. L’homme a bousculé le schéma classique du cheminement politique. D’habitude, on part du bas pour conquérir le haut. Lui a fait exactement le contraire. Il a quitté les cimes enivrantes du pouvoir pour se coltiner un champ politique dépouillé. On est loin de l’incubation des partis de l’administration ou des structures cocotte minute. On est plutôt dans une démarche audacieuse qui tente de tracer des sillons profonds dans un champ politique dont la fertilité est obérée par la stérilité et l’indigence intellectuelles des acteurs.
Si El Himma a l’ambition de régénérer la Politique, il faudra bien que quelqu’un s’attelle à restructurer la gauche et porte l’étendard de la social démocratie dans le pays. Ce rôle peut aller comme un gant à un personnage comme Mohamed El Gahs. Il a le devoir de s’engager dans cette entreprise avec l’impérieuse obligation de continuer son action militante. Il peut être un vecteur de rassemblement d’une gauche déchiquetée et désemparée. Il en a les moyens intellectuels, l’expérience militante et la probité indispensable qui s’ajoutent à cette fibre, à fleur de peau, pour la Nation. Il peut donc incarner le changement qui demeure l’attente la plus forte de nos concitoyens.
Le changement, c’est le concept central revendiqué par Barrack Obama qui risque d’être la grande surprise de l’année 2008. Ce qui se passe aux Etats-Unis ne laisse jamais indifférentes les affaires marocaines. Or et pour la première fois dans l’histoire des USA, une femme, Hillary Clinton, 60 ans, et un noir, Barrack Obama, 46 ans, ont des chances réelles de gagner les élections présidentielles. Et il y a même de fortes probabilités pour que Bush quitte la Maison-Blanche en la laissant à un noir. L’atout maître d’Obama, c’est de n’avoir jamais soutenu la guerre en Irak à la différence d’Hillary.
Enfin, il y a un événement qui aura des incidences majeures sur la vie quotidienne des Marocains, c’est le prix du pétrole qui a déjà atteint, en ce début 2008, les 100 dollars le baril. En une année, il est passé de 61 à 100 dollars. Quand on sait que chaque dollars d’augmentation a une incidence de 70 cts à la pompe, on peut aisément imaginer, pour un pays importateur, ce qu’il en découlera en termes économiques mais aussi en termes sociaux. Bonne année.

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