Label marocanité : Autopsie d’un déni

Dimanche, la droite s’attend à une débâcle des plus sérieuses. Elle a beau faire bonne mine, la réalité électorale est têtue. Et si elle prend appui sur l’élection, au premier tour, de douze ministres sur quatorze, cela ne trompe personne. Elle veut faire admettre, au forceps, la nuance entre le soutien à un travail gouvernemental incarné par un Fillon au zénith des sondages et le rejet massif d’un président flamboyant, flambeur et bientôt flambé. En somme, il y aurait deux messages subliminaux : l’un pour soutenir l’action gouvernementale et l’autre pour sanctionner l’excès comportemental.
La réalité est plus cruelle. Tous les ministres élus le sont dans des petites villes où ils étaient déjà maires sortants. A part ça, la cueillette était bien maigre. Les seuls trophées sont rapportés par deux jeunes ministres. Il y a Luc Chatel, Secrétaire d’Etat à la Consommation, qui remporté la mairie de Chaumont (Haute-Marne), 24000 habitants. Et puis le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez, élu au Puy-en-Velay (Haute-Loire) une ville qui compte près de 20000 habitants. On ne peut dire que ce sont là des symboles. Il faut vraiment s’armer d’une loupe grossissante pour savoir où se nichent ces patelins.
Pour le reste, il n’y a pas de quoi secouer une urne. Que l’on juge. Eric Woerth, ministre du Budget n’est qu’une cerise sur sa bonne ville de Chantilly (Oise). Il est élu avec 2671 voix dans une ville qui compte 7954 inscrits. Hervé Morin, ministre de la Défense reprend du service à Epaignes (Eure). Ses effectifs dans l’armée sont gigantesques comparés aux 1223 habitants de son village. Eric Besson, secrétaire d’Etat à la Prospective, symbole à la fois de l’ouverture et de la traîtrise est réélu à Donzère (Drôme). Ce patelin compte moins de 5000 habitants. Il en est de même pour Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux Transports, qui triomphe à Saint-Georges-de-Didonne (Charente-Maritime) où la population ne dépasse pas non plus 5000 âmes. Enfin, il y a l’inoxydable André Santini, ministre de la Fonction publique, qui confirme sa domination sur Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Lui, il est à chaque fois réélu contre vents et marées dans son fief de 50000 habitants.
Par ailleurs, et parmi les gros ministres qui n’étaient que candidats au poste de conseiller municipal, on compte le désormais discret ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo qui gagne dans sa ville de Valenciennes, 45000 habitants. La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie dont la liste remporte son fief de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques), ville de 13000 habitants où son père était déjà maire. Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, figure lui sur une liste qui a remporté Saint-Quentin (Aisne), 60.000 habitants. On fait donc  gloire avec ce qu’on peut. Reste l’élection triomphale de Juppé à Bordeaux qui ne peut même pas être revendiqué tant elle plaide elle-même contre le style Sarko.
A partir de dimanche, tout laisse penser que la gauche sera majoritaire localement (Villes, Départements et Régions) alors que la droite domine nationalement. Ce sera la nouvelle donne. D’aucuns parlent déjà d’une cohabitation d’un style nouveau.

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