Label marocanité : Chaud, chaud, l’Islam d’Europe !

Les services secrets danois ont fait, mercredi dernier, une prise dans les milieux interlopes de l’islamisme migratoire. Suite à une longue filature, ils ont mis le grappin sur un trio soupçonné de projeter l’assassinat de Kurt Westergaard, dessinateur âgé de 73 ans. C’est l’un des auteurs, le plus célèbre d’ailleurs, du groupe de 12 caricaturistes qui avaient, en 2005, publié dans le quotidien danois le Jyllands-Posten, des caricatures représentant le Prophète Mohammed. Et voilà, cela n’a pas raté. Il y avait un Marocain dans le coup. Le trio est composé de deux Tunisiens et un Marocain. Les Tunisiens, parce qu’étrangers, ont été expulsés.  Le Marocain, de nationalité danoise, ne peut l’être.
Chacun se souvient du tumulte exacerbé qu’avait connu le monde musulman après la publication de cette série de caricatures du Prophète de l’Islam. On se souvient de la bizarrerie de cette crise qui a éclaté bien des mois après la publication des caricatures, arme du crime. Il y avait comme une colère différée.
Le journal Jyllands-Posten avait présenté ses excuses. Il a cependant justifié sa décision de publier les dessins en faisant valoir le droit à la liberté d’expression. La lave de la colère était, cependant, trop ardente. De Karachi à Beyrouth, l’émotion de certains musulmans, loin d’être spontanée, va se manifester de manière hystérique. La braise sera ravitaillée par les harangues des prêcheurs et autres fabricants de fatwas. Des manifestations monstres vont être organisées. Des chancelleries vont être saccagées. Le drapeau danois subira les flammes et les produits des Vikings subiront les foudres du boycott.
Dans les pays européens, le débat sera très vif entre les partisans du respect des croyances et les aficionados de la liberté d’expression. En France et par solidarité, le journal satirique Charlie Hebdo va publier les douze caricatures en forçant le trait et le fusain. Les associations musulmanes françaises vont, de leur côté, porter plainte contre la publication de Philippe Val et Cabu. Elles viennent d’être déboutées et font appel du jugement. C’est aussi le cas de la plainte déposée par sept organisations musulmanes, au Danemark, contre le Jyllands-Posten.
Mercredi, au lendemain de l’arrestation, cinq journaux danois ont décidé de republier, par solidarité, la fameuse caricature de Westergaard. On est donc reparti pour un tour. L’islamophobie est de nouveau à l’ordre du jour. Et pas qu’au Danemark. La société hollandaise connaît un réel bouillonnement avec la perspective de projection de « Fitna » film anti-islamique porté par le député néerlandais Geert Wilders, chef d’un parti d’extrême-droite et spécialiste de la controverse. En France, il y a la curieuse démarche de Bernard-Henry Lévy qui, en grande pompe, avec le ban et l’arrière-ban des salons parisiens, tente de ressusciter Ayaan Hirsi Ali, la Somalienne ou la Kényane, comme le symbole de la lutte contre l’extrémisme musulman. Et l’eau du moulin de la droite espagnole  n’attendait que cela pour nourrir la «maurephobie» ou «morrocophobie» qui sera le cheval de bataille du prochain combat électoral.

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